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Des groupes formels et informels de Michel Cartier à groupes personnels et impersonnels pour PIP

En lisant Les groupes d’intérêts et les collectivités locales* de Michel Cartier, je tombe sur le schéma intitulé « Une société fonctionnant par paliers » qui distingue entre :

  • individu et couple (cercle représentant une tête humaine);
  • groupes informels (cercle rempli de sept têtes humaines);
  • groupes formels (cercle rempli de trois groupes de quatre à six têtes humaines interreliés entre eux); et
  • société (cercle représentant un globe terrestre).

Michel Cartier 2002

Groupe formel : « Regroupement de personnes qui revendiquent une meilleure qualité de vie et qui fonctionne à partir de l’inscription et de la participation de ses membres. »

Groupe informel : « Petit groupe familier fonctionnant en face à face »

Michel Cartier, 2002, p. 100

J’ai été particulièrement frappé par la distinction faite entre groupe formel et groupe informel. Ce qui m’a amené m’interrogé à savoir s’il y avait une différence conceptuelle à faire dans le modèle Portrait des Processus d’Information InterPersonnel (PIP) entre groupe ou population formels et informels.

La distinction que fait Cartier entre types de groupes d’intérêts et de collectivités n’est pas importable telle quelle dans l’analyse de processus d’information interpersonnels. Cependant, une telle distinction conceptuelle (donc iconographique) présente un réel intérêt dans la détermination à savoir si un ensemble d’individus constitue ou non une personne morale.

Par exemple, il est clair que les passagers habituels d’une ligne de train de banlieue constituent un groupe de personnes physiques, mais nullement une personne morale, ni légalement, ni de facto. Ces passagers forment un groupe dont on peut documenter diverses caractéristiques (nombres, profils sociodémographiques, types et habitudes d’usages du train, etc.).  Cependant, cet ensemble ne compose pas une personnalité collective.

Par contre, une association d’usagers du transport en commun constitue une personne collective, légalement constitué; et les signataires d’une pétition ou tout autre regroupement ad hoc demandant une quelconque amélioration au service de train peuvent aussi constituer ensemble une personne collective de facto.

L’intérêt de la distinction vient du fait que les relations établies à travers le maniement d’informations diffèrent ici.  Dans le premier cas, il ne s’agit que d’une relation avec une population (au sens statistique du terme : ensemble d’unités statistiques de même nature constituant la collectivité à laquelle on s’intéresse). Dans les seconds cas, il s’agit d’une relation avec une véritable personne ayant d’ailleurs sa voix et sa volonté propre ainsi que la capacité autonome d’agir dans une relation supportée par l’information (écrire des lettres, tenir dossiers et données sur les services ferroviaires, ses propres membres, etc.).

Ce n’est donc pas le caractère identifiable ou non identifiable du groupe qui fait ici la distinction; encore moins le mode d’identification du groupe (éponyme, pseudonyme, anonyme ou synonyme). Il s’agit plutôt de l’existence ou non d’une personnalité collective constituée légalement ou dans la pratique.

Maintenant, comment distinguer graphiquement la présence d’une personnalité collective ? Il y aurait deux manières. La méthode PIP en prévoyait déjà une première, soit le recours à une boite avec le logo de l’organisation (American Express, Alitalia, Comité international de la Croix-Rouge). Une telle représentation insiste sur l’unicité de la personnalité morale.

Groupes et populations personnelles

Groupe personnel (ou formel) : Ensemble d’individus agissant collectivement avec une personnalité propre, légale ou de facto (personnalité collective, organisation, corporation).

Groupe impersonnel (ou populationnel) : Ensemble d’individus autonomes sans personnalité collective, souvent arbitrairement définis (cohorte, sous-population, génération).

Proposition pour analyse PIP

Une seconde manière serait de simplement poser l’icône groupe ou population sur la boite d’organisation, comme suit. Une telle représentation rappelle la dimension collective de la personnalité avec laquelle la relation s’établit.

Ainsi, dans le cas d’une représentation du système électoral, on pourrait distinguer le caractère populationnel, sans personnalité unique, des électeurs d’un comté par opposition à la personnalité morale du regroupement d’individus s’étant constitué en un parti politique.

Élection: groupes personnels et impersonnels

En analyse PIP, on distinguerait donc le groupe personnel ou formel du groupe impersonnel ou populationnel (voir encadré pour définitions). Comme nous nous intéressons à la nature du groupe dans une activité informationnelle donnée, il est tout à fait possible qu’un même ensemble d’individus puisse être tantôt personnel, tantôt impersonnel. Par exemple, les élèves d’une école ne constitueraient qu’un groupe impersonnel à l’égard du système de bulletins scolaires ou des activités de surveillance en santé publique. Cependant, les mêmes élèves formeraient un groupe personnel lorsqu’on considère les activités informationnelles concernant leur association étudiante : liste de membres, élections et votes, communications au sein de l’association et avec d’autres (direction de l’école, commerçants), etc.

* Cartier, Michel. 2002. Les groupes d’intérêts et les collectivités locales : groupes d’appartenance, communautés de pratique, collectifs, villes numériques, cybercommunautés, associations et réseaux, etc. : une interface entre le citoyen et l’État. Sainte-Foy ; Paris : Presses de l’Université Laval ; L’Harmattan. (Coll. Laboratoire de communautique appliquée). 137 p.: ill.

Disponible gratuitement en ligne.



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