Remarques de terrainInformation & DroitNotes de laboVivre entre les lignesNotesObservationsRéflexions

Autogérer son identité numérique, ses actifs numériques et ses biens intellectuels en cas de décès ou d’inaptitude

ObservationsDésormais grand-père, il me fallait réviser mon testament et mon mandat en cas d’inaptitude. Sauf que, cette fois-ci, j’ai découvert que je devais demander à mes éventuels mandataires ou exécuteurs de succession de composer avec l’omniprésence des supports numériques. Voilà qui leur complique leur tâche.

Il y a quelques années seulement, on pouvait aisément retrouver les documents d’une personne inapte ou décédée. Il suffisait de faire systématiquement le tour des différents espaces où elle vivait et travaillait. La nature des documents sautait généralement aux yeux : contrats, factures, correspondances privées, livres, disques, documents professionnels, etc. En l’absence d’instructions précises, on pouvait appliquer certaines coutumes: telles la remise des correspondances privées conservées à leurs auteurs; la distribution des contenus des bibliothèques, discothèques, albums photo ou collections aux proches intéressés; la conservation des documents d’intérêts fiscaux une sizaine d’années avant de les détruire.

Numérisation des actifs

Comme de plus en plus de gens autour de moi, je détiens de moins en moins de documents sur papier ou autre support macroscopique. Déjà, l’essentiel de mes documents se retrouve sous formes numériques : correspondances privées, dossiers, factures, contrats, documents fiscaux, bancaires et comptables; livres, musiques, photos ; documents professionnels; etc. (suite…)

Critique du recensementVivre entre les lignesNotesObservations

Réveil du citoyen sujet de l’information?

En marge des controverses sur le recensement, Facebook et autres

ObservationsSamedi, je faisais le ménage en écoutant une conférence de la sociologue Saskia Sassen sur l’évolution du concept de citoyenneté à l’heure de la mondialisation enregistrée pour l’émission Big Ideas (mp3, vidéo). L’essentiel de cette conférence portait sur les multiples microchangements que la mondialisation provoque dans la définition et le vécu de la citoyenneté (ou sur la subjectivité politique, en d’autres mots).

Sassen nous rappelle que même si nous avons tendance à vivre la citoyenneté comme une condition constituant un tout, en fait cette citoyenneté est la réunion de multiples composantes. Au cœur de la citoyenneté, il existe un faisceau de droits formels reconnus par l’État. Cependant, il y a aussi autour de nombreux autres éléments de nature sociale qui ne découlent pas nécessairement de notre relation à l’État (tel l’environnement physique de la ville vs la campagne). Il est donc possible de disséquer le concept de citoyenneté de manière à étudier comment chacun de ces éléments émerge, change et disparait; et donc comment l’idée de citoyenneté évolue en conséquence.

Cette idée m’a ramené à celle de l’éveil citoyen du sujet de l’information. Un thème qui correspond à un souhait que j’exprimais déjà en 1988 dans ma contribution au livre Les droits de la personne au Canada: dans les années 1990 et au-delà.[1] La conférence de Sassen m’interpelait : assisterions-nous actuellement aussi à ce microchangement historique de l’incorporation du statut de sujet de l’information dans la conscience du citoyen contemporain? (suite…)

Vivre entre les lignesNotesObservations

Les nouvelles fractures numériques: le filtrage et les bulles hyperpersonalisées menaçant la démocratie

ObservationsEst-ce qu’au lieu de relier les humains entre eux, les technologies numériques pourraient, au contraire, les isoler les uns des autres? La personnalisation des services offerts sur web peut-elle produire des ghettos? Peut-elle menacer la démocratie elle-même? Ce sont des dangers qu’a soulevé Eli Pariser, président de MoveOn.org, le 3 juin 2010 au cours du dernier Personal Democracy Forum.

Ethan Zuckerman rapporte ses propos. Tout d’abord, l’exemple d’une conférence personnalisée :

« Imaginons que nous nous présentions à un évènement comme le Personal Democracy Forum, et avions été triés sur la base du sexe, de l’âge, de l’idéologie politique, de la ville natale. Très vite, nous serions tous assis dans de petites pièces, tout seuls. Imaginons que les orateurs aient ensuite offert des présentations personnalisées, en ajoutant des explosions pour le jeune auditeur mâle, par exemple. “Vous préfèreriez probablement mieux votre version personnelle… mais ce serait pour moi la mauvaise chose à faire.” Cela desservirait la raison d’être même d’une conférence — nous n’avons plus de tronc commun de discours que nous pourrions discuter ensemble dans les couloirs. »

« Google utilise 57 indices disponibles pour personnaliser le web pour vous, même lorsque vous n’êtes pas connecté (avec votre nom d’usager). En conséquence, les résultats que vous obtenez sur une recherche Google peuvent devenir très différents, même si des gens assez similaires effectuent la même recherche. Eli nous montre des captures d’écran d’une recherche pour “BP” menée par deux jeunes femmes, vivant toutes deux dans le nord-est des États-Unis. Elles obtiennent des résultats très différents… une série se concentre sur les questions d’affaires et ne présente pas de lien sur le déversement de pétrole dans les trois premiers, tandis que l’autre le fait. Une utilisatrice a obtenu 141 millions de résultats, tandis que l’autre, 180 millions. Imaginez combien dissemblables ces résultats pourraient être pour des utilisateurs véritablement différents entre eux. »

(suite…)

DébatsVivre entre les lignesNotes

Facebook demeure une boite noire

Débats - DebatesOui, Facebook change ses contrôles de publication de contenus (qu’on appelle peut-être improprement contrôles de confidentialité ou de vie privée).

Mais comme le souligne avec justesse le tweet de Privacy International signalant la réponse de l’organisme à cette annonce, la véritable question n’est-elle pas ailleurs? À savoir : comment Facebook utilise lui-même les informations que les membres mettent sur leurs pages? « The real question: how does Facebook process information? »

Peu importe comment on change ou rend plus conviviaux les contrôles de publication, les traitements et les usages que Facebook fait des informations continuent de rester dans l’ombre, mal explicités.

C’est un peu comme la boite noire classique. Les membres Facebook savent les informations qu’ils y mettent eux-mêmes (entrées). Ils comprendront peut-être mieux quelles informations sont publiées ou non en direction de qui (sorties). Cependant, ils ne savent pas tout ce qui se passe entre les deux , notamment tout ce que Facebook échange avec ses partenaires commerciaux.

Voilà où se trouve l’essentiel des processus constituant Facebook et sa valeur marchande.

Vivre entre les lignesNotes

J’évite les mots « vie privée » (et vous le devriez aussi)

D’un obstacle à la pensée sur nos rapports à travers le maniement d’informations

Tablette d'écriture cunéiformeNotion abordées : Les informations (notamment les informations personnelles) et l’informatique jouent des rôles croissants et multiples dans les moindres aspects de la vie des individus, des groupes et des sociétés

Je souhaite écrire ma propre lecture de l’enquête et des recommandations du Commissariat à la vie privée du Canada sur la gestion des informations personnelles par Facebook. Cependant, je me butais trop souvent sur les mots « vie privée » dans la documentation du Commissariat et les articles des médias et autres commentateurs. Trop pour ne pas publier au préalable le présent texte de mise en garde.

Depuis longtemps, je me méfie du terme « vie privée ». Il possède tant de significations différentes qu’il en devient un véritable obstacle à la communication. Plus grave encore, son emploi est devenu un automatisme chaque fois qu’il est question de maniement d’informations personnelles. Si bien qu’il constitue aujourd’hui un réel obstacle à l’exercice même de penser ces maniements, leurs rôles et leurs implications. Avec notamment comme conséquences, de nombreux échecs informatiques, sociaux, économiques et commerciaux. (suite…)

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