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Qu’est-ce que « simple à lire » signifie ? En marge des changements de politiques de Google

Observations

Google m’a envoyé sept courriels (un pour chacun des services auxquels je suis inscrit), m’annonçant la fusion des soixante (60) règles de confidentialité une seule règle plus courte et plus « simple à lire ».

Cette déclaration et les réactions qu’elle a suscitées cette semaine m’amènent à faire trois observations :

Premièrement, la difficulté initiale des médias, acteurs sociaux et de l’industrie ainsi que des élus du Congrès à déterminer si cette annonce correspond ou non à des changements dans les usages que Google fait de nos informations et profils d’usagers, et si oui lesquels.

Deuxièmement, la difficulté à se retrouver dans les configurations « simples à lire ». Par exemple, il est écrit que je peux choisir d’obtenir ou non une personnalisation de mes résultats de recherche Google en fonction des intérêts que révèle mes usages de Google+, Gmail et YouTube. Or, j’ai eu beau chercher, je n’ai jamais trouvé le panneau de gestion ces commandes-là (quelqu’un a trouvé?). Et même pour les commandes accessibles, la description de leurs effets n’est souvent pas évidente, même pour moi dont c’est la profession d’étudier ces questions.

En effet, troisièmement, si l’Electronic Frontier Foundation a vu juste, voici comment je devrais gérer cette personnalisation :

« Pour les personnes qui souhaitent continuer à utiliser les produits Google, mais veulent créer une séparation étanche entre la recherche Google, YouTube, et d’autres produits, il y a une option qui consiste à établir plusieurs comptes Google. Les usagers peuvent mettre en place deux ou plusieurs comptes pourvu qu’ils aient différentes adresses Gmail. Toutefois, les personnes qui utilisent cette stratégie pour protéger leur vie privée doivent veiller à ne pas les mélanger (envisagez d’utiliser des navigateurs distincts pour chacun de vos comptes Google). Pour être encore plus prudents, les usagers pourraient vouloir utiliser l’outil Data Liberation afin de récupérer une copie de l’ensemble de leurs données sur produit Google particulier, supprimer ces données dans le compte d’origine, et ensuite télécharger ces mêmes données sur le nouveau compte. Par exemple, une personne peut mettre en place un compte secondaire Google pour la navigation et le partage de vidéos sur YouTube. Elle pourrait ensuite télécharger l’ensemble de ses vidéos YouTube existantes à son ordinateur, les supprimer de son profil Google initial, et ensuite utiliser un autre navigateur pour les télécharger vers un nouveau compte Google secondaire. Malheureusement, c’est un processus assez laborieux. Pour aider les usagers qui souhaitent tenir des comptes séparés, Google devrait rendre ce processus plus simple et plus facile. » (Ma traduction ; source)

Bref, peut-être « simple à lire », mais pas à comprendre, et encore moins aider l’amélioration du contrôle par l’usager.

Cependant, je ne blâmerais pas seulement Google en particulier. Toute cette industrie a peu développé les moyens d’offrir des portraits fiables, vérifiables et aisément compréhensible de qu’il advient des informations personnelles d’un usager. La rédaction des politiques et la conception des configurations demeurent faites d’abord en fonction des intérêts de l’organisation et dominées par les juristes et les ingénieurs. Au Canada, près de la moitié de la population adulte est à faible littératie et au moins autant ne comprend pas grand-chose à l’informatique. Voici les catégories d’usagers qui devraient être les destinataires de la communication. Et cela signifie beaucoup plus que simplement offrir des formulations « simples à lire »…

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Les nouvelles fractures numériques: le filtrage et les bulles hyperpersonalisées menaçant la démocratie

ObservationsEst-ce qu’au lieu de relier les humains entre eux, les technologies numériques pourraient, au contraire, les isoler les uns des autres? La personnalisation des services offerts sur web peut-elle produire des ghettos? Peut-elle menacer la démocratie elle-même? Ce sont des dangers qu’a soulevé Eli Pariser, président de MoveOn.org, le 3 juin 2010 au cours du dernier Personal Democracy Forum.

Ethan Zuckerman rapporte ses propos. Tout d’abord, l’exemple d’une conférence personnalisée :

« Imaginons que nous nous présentions à un évènement comme le Personal Democracy Forum, et avions été triés sur la base du sexe, de l’âge, de l’idéologie politique, de la ville natale. Très vite, nous serions tous assis dans de petites pièces, tout seuls. Imaginons que les orateurs aient ensuite offert des présentations personnalisées, en ajoutant des explosions pour le jeune auditeur mâle, par exemple. “Vous préfèreriez probablement mieux votre version personnelle… mais ce serait pour moi la mauvaise chose à faire.” Cela desservirait la raison d’être même d’une conférence — nous n’avons plus de tronc commun de discours que nous pourrions discuter ensemble dans les couloirs. »

« Google utilise 57 indices disponibles pour personnaliser le web pour vous, même lorsque vous n’êtes pas connecté (avec votre nom d’usager). En conséquence, les résultats que vous obtenez sur une recherche Google peuvent devenir très différents, même si des gens assez similaires effectuent la même recherche. Eli nous montre des captures d’écran d’une recherche pour “BP” menée par deux jeunes femmes, vivant toutes deux dans le nord-est des États-Unis. Elles obtiennent des résultats très différents… une série se concentre sur les questions d’affaires et ne présente pas de lien sur le déversement de pétrole dans les trois premiers, tandis que l’autre le fait. Une utilisatrice a obtenu 141 millions de résultats, tandis que l’autre, 180 millions. Imaginez combien dissemblables ces résultats pourraient être pour des utilisateurs véritablement différents entre eux. »

(suite…)

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