Notes de laboNotesRéflexions

Leçons personnelles apprises de l’écrasement d’avion du 29 novembre 1963

Très forts et marquants souvenirs d’enfance.

Cet écrasement mortel eu lieu vendredi, à quelques kilomètres seulement de l’usine où mon Papa travaillait. Un de ses collègues devait être dans cet avion, mais avait soudain changé d’idée dans la file d’embarquement.

Cratère au lieu d'écrasement d'avion

Le lendemain matin, Radio-Canada avait annulé la diffusion d’un épisode d’Am-stram-gram qui devait porter sur l’aviation.

Le vendredi suivant, mon père arriva à la maison au volant du prototype d’un tout nouveau modèle de camion à incendie pour aéroport dont il avait supervisé la conception et la construction. J’avais neuf ans, une rutilante machine rouge de pompier toute neuve chez moi une semaine seulement après un évènement dramatique où il aurait pu servir.

Ce camion fut détruit sur les pistes d’essai afin d’apprendre quelles étaient les capacités et limites ultimes de cette machine. Le tout dernier test avait été de lancer le camion à travers un boisé semblable à celui où le DC-8 s’était écrasé. Lorsque le camion rendit l’âme, son châssis était tout tordu et la rutilante peinture rouge avait été entièrement arrachée de ses flancs.

C’est à travers plusieurs expériences semblables que j’appris très jeune que :

  • premièrement, l’enjeu ultime de toute technologie est la vie humaine elle-même ; et
  • deuxièmement, la quête de connaissance repose presque toujours sur une forme ou autre de destruction.

Recherche

Depuis janvier 2013, j’ai entrepris un nouveau projet de recherche. Un gros projet qui accaparera la majeure partie de mes énergies durant les prochaines années. Un projet dont je rendrai compte des développements sur ce site.

Son titre est Par delà « la vie privée » : Théorie générale des processus d’informations interpersonnels.

Le but du projet est d’équiper les acteurs, praticiens et chercheurs d’outils facilitant l’identification et la solution des questions et problèmes légaux, sociaux et éthiques posés par ces applications et systèmes d’informations interpersonnels de plus en plus présents dans nos vies.

À ce stade-ci, j’en suis encore à mettre en place le projet dont les objectifs sont résumés plus bas.

À bientôt.

Objectifs

1. mettre à l’épreuve les concepts et propositions de la version originelle (1990) de la théorie juridique des processus d’information interpersonnels, notamment :

  • la consistance intrathéorique de ses concepts, définitions et propositions ;
  • sa consistance transthéorique avec la modélisation visuelle Portrait des Processus d’Information InterPersonnels ;
  • l’applicabilité empirique de ses énoncés à l’analyse des maniements d’informations interpersonnelles;
  • l’adéquation empirique de ses énoncés à révéler les implications légales, sociales et éthiques de maniements d’informations interpersonnelles;;
  • sa correspondance interthéorique avec d’autres modèles et approches d’analyse de systèmes d’informations utilisés par des praticiens;
  • sa correspondance interthéorique avec d’autres théories traitant des mêmes objets et ayant été développées en droit, philosophie, anthropologie, linguistique, informatique, gestion de l’information, études Informatique & Société.

2. vérifier la réalisation des prédictions de la théorie de 1990 relativement à la coévolution du droit et des processus d’information interpersonnels;

3. produire à partir des résultats des deux objectifs précédents :

  • une nouvelle version transdisciplinaire de la théorie des processus d’information interpersonnels; et
  • une mise à jour correspondante de la modélisation visuelle Portrait des Processus d’Information InterPersonnels;

4. développer des outils d’analyse ou modes d’emploi complémentaires susceptibles d’aider chercheurs, praticiens et acteurs à s’approprier la théorie et la modélisation visuelle.

Théorie de 1990

Voici les trois textes fondant la version originelle (1990) de la théorie des processus d’information interpersonnels (qui a été amendée à plusieurs reprises par la suite) :

Pierrot Péladeau, «Esquisse d’une théorie juridique des procès d’information relatifs aux personnes», (1989) 34 Revue de Droit de McGill 952

Pierrot Péladeau, «L’informatique ordinatrice du droit et du procès d’information relative aux  personnes», (1989) 1 Technologies de l’information et société 35

Pierrot Péladeau, «Informatique, libertés, démocratie: face aux diktats techniques», dans R. I. Cholewinski (dir.), Les droits de la personne au Canada: dans les années 1990 et au-delà, Ottawa, Centre de recherche et d’enseignement sur les droits de la personne – Université d’Ottawa, 1990, p. 105

CommunicationsInformation & DroitNotes de laboVivre entre les lignesNotes

Je crée et donne un tout nouveau cours ‘Information & Droit’ en janvier

tablette cuneiformeL’UQAM était-elle à ce point désespérée pour qu’elle en vienne à m’offrir ce cours? Car si je suis certes un juriste de formation, je demeure tout de même un juriste non pratiquant et non croyant. Trève de plaisanterie.  J’ai accepté de créer et donner un cours officiellement intitulé Droit de l’information, jamais offert auparavant. Ce cours s’inscrit dans le programme de Baccalauréat en droit, mais est offert aux étudiants de tous programmes. D’ailleurs, actuellement 12 % des inscrits sont des étudiants en Communications.

J’ai proposé – et on a accepté – que la portée du cours soit élargie pour en faire une sorte de cours ‘Information & Droit’, presque ‘Société de l’information & Droit’. Donc plutôt que de couvrir, une à une, certaines institutions juridiques particulières (propriété intellectuelle, accès à l’information, liberté et libelle de presse, protection des renseignements personnels et autres), je propose plutôt d’explorer :

  • l’ensemble des réalités juridiques sous l’angle de l’information et d’une société de l’information; et inversement,
  • les réalités de l’information et de la société de l’information telles que régulées par les lois, les normes et les standards de toutes sortes.

J’ai encore à produire un plan de cours détaillé. Cependant, au moment où sont écrites ces lignes, le premier objectif serait d’amener les étudiants à acquérir certaines connaissances et habiletés nécessaires pour oeuvrer dans une société de l’information, notamment :

  • détecter la présence d’informations dans toute activité humaine considérée;
  • reconstituer les maniements d’informations, qui en sont les acteurs impliqués, quels types de relations (juridiques notamment) s’établissent entre qui à travers tel maniement d’informations;
  • identifier les institutions juridiques en cause et les différentes sources de normes potentiellement applicables à un maniement particulier d’informations;
  • soulever les questions sociales et éthiques de ce maniement;
  • détecter la dimension informationnelle dans tout document légal (loi, contrat, décision judiciaire, communication légale, norme ou standard);
  • communiquer au sujet de la dimension légale d’un maniement d’informations, y compris aux citoyens et utilisateurs non spécialistes.

Les étudiants juristes seront plus particulièrement invités à développer l’habileté à qualifier légalement une activité humaine impliquant un maniement d’informations.

Au lieu de passer successivement d’un domaine de droit à un autre, le déroulement du cours suivra plutôt, semaine après semaine, les étapes successives du cycle de vie de l’information de sa création initiale jusqu’à diverses utilisations, dont la prise de décision personnelle.

Ce cours fera également une large place aux :

  • connaissances de base en science et gestion de l’information, linguistique et domaines connexes; et
  • à des méthodes pour documenter correctement des pratiques informationnelles.

Le cours se donnera les lundis soir à partir du 10 janvier 2011. Il y a encore de la place pour de nouveaux inscrits. Je lance donc formellement l’invitation. Bienvenue à toutes et tous !

Apprendre à vivre entre les lignes: Le programme

Notes d’un exposé présenté dans le cadre du 3e forum ouvert « Avenirs en chantiers »

organisé par Communautique, au Monument national, Montréal, 30 janvier 2009

Bonjour,

Pour parler de ce premier chantier, je vais reprendre quelques thèmes abordés lors de la table ronde qui a précédé : l’argent, le fossé générationnel, la valeur de l’information, les normes et qu’est-ce que le simple citoyen peut en comprendre. Ce chantier s’inscrit dans le thème « Citoyenneté par la technologie / Mode efficace de législation / Cyberdémocratie » identifié lors des deux forums précédents du 24 janvier et du 25 février 2008. Il vise le développement d’une culture générale sur le rôle social de l’informatique.

Notre inculture sur comment nos relations sociales s’organisent à travers l’informatique apparait évidente par comparaison avec notre aisance à comprendre l’une des formes d’informations les plus abstraites conçues par l’Humanité : l’argent. Nous prendrions dix personnes au hasard sur la rue dehors et toutes comprendraient quelle est la nature de l’argent et quel pouvoir… d’achat il représente. Toutes pourraient immédiatement débattre les différents rôles que l’argent peut jouer dans les rapports entre employeur et employé, entre l’État et les citoyens, entre deux conjoints, entre parents et enfants, entre composantes d’une société,et même entre pays. Toutes pourraient en discuter sous toute sorte d’angles, notamment l’angle politique.

Or, ne devrions-nous pas pouvoir discuter de manière tout aussi aisée de toutes ces autres types d’informations, maniées souvent par les mêmes ordinateurs qui manient l’argent, et qui jouent des rôles au moins aussi importants dans nos vies?

Ce décalage culturel tient au fait que l’argent est entré dans l’histoire de l’Humanité il y a plus de soixante siècles (ou 300 générations), mais l’informatique depuis seulement soixante ans ou trois générations. Or la puissance, la vitesse et les conséquences de l’informatisation de la société exigent des citoyens un apprentissage accéléré. C’est dès aujourd’hui qu’il faut assurer une maitrise sociale.

Heureusement, qui comprend l’argent, peut comprendre d’autres formes d’informations. Tout comme qui avoir une opinion sur un projet de loi peut discuter comment un projet informatique pourrait régir nos vies.

D’où ce programme de culture informatique qui s’appuie sur deux fondements :

Programme Vivre entre les lignes: Fondement: Théorie

  • d’une part, des travaux que j’ai menés depuis les années ’80 sur l’identification des dimensions du maniement physique d’informations sur les personnes qui sont pertinentes pour une discussion légale, sociale, éthique ou politique [Les trois publications enclenchant cette recherche étant « L’informatique ordinatrice du droit et du procès d’information relatif aux personnes », Technologies de l’information et société, 1989 ; 1/3 : 35-56 ; « Esquisse d’une théorie juridique des procès d’information relatifs aux personnes », Revue de droit de McGill 1989 ; 34 : 952-982 ; et «Informatique, libertés, démocratie: face aux dicktats techniques/The Informational Privacy Challenge: The Technological Rule of Law», in: Les droits de la personne au Canada: dans les années 1990 et au-delà/Human Rights in Canada: Into the 1990s and Beyond, sous la direction de R. I. Cholewinski, Ottawa: Human Rights Research and Education Centre – University of Ottawa, 1990, 105-130/93-116. ] ; et
  • Programme Vivre entre les lignes: Fondement: Modélisation

  • d’autre part, des travaux plus récents sur les moyens de présenter visuellement ces maniements afin d’en faciliter la discussion [Les travaux initiaux sont décrits dans « La modélisation visuelle des systèmes d’information en santé pour leur gestion administrative, légale et éthique » in Grant AM, Fortin JP et Mathieu L (éds),L’informatique de la santé dans les soins intégrés : connaissances, applications, évaluation. Actes des 9e Journées Francophones d’Informatique Médicale, Sherbrooke : Société Québécoise d’informatique Biomédicale et de la Santé (SoQibs), 2003, pp. 297-308. L’iconographie du modèle a ensuite été formalisée et enrichie avec Caroline Cyr, designeure industrielle de chez Communautique].

Programme Vivre entre les lignes: Fondement: Activités récentes

Le développement d’un projet de film documentaire (financé par la Société de développement des entreprises culturelles – SODEC, mais qui n’a pas encore été réalisé) m’a permis de repérer une vingtaine de notions d’informatique et de sciences sociales indispensables. [Depuis 2007, ces notions sont, tour à tour, abordées dans le cadre d’une chronique mensuelle de l’émission Citoyen numérique diffusée sur Radio-Montréal.] En 2008, Communautique a expérimenté avec succès la réception de ces notions dans des sessions de formation aux adultes, soit avec faible littératie, soit peu familiers avec l’usage d’ordinateur (grâce à une subvention du Conseil canadien de l’apprentissage). Il en ressort, notamment, que ces notions présentables en cinquante minutes de documentaire nécessitent au moins une douzaine d’heures pour faire l’objet d’une véritable appropriation en groupe.

L’idéal, cependant, serait que ces notions s’incorporent naturellement dans les activités d’éducation et de communication existantes. D’où la préparation d’activités de formation des formateurs et le projet de développer du matériel pédagogique de soutien, telles des capsules vidéos.

Une culture générale de la dimension sociale de l’informatique n’est cependant pas suffisante pour démocratiser l’informatisation de la société. Il faut aussi développer des connaissances appliquées et des habiletés plus pointues. D’où, par exemple, un projet visant à former les patients et les organisations de défense des droits des patients à comprendre les systèmes de dossiers patients électroniques, à apprendre à les utiliser et, surtout, à en influencer les développements.

Programme Vivre entre les lignes: Fondement: Notions pour acteurs clés

D’où aussi la nécessité de développer aussi des programmes de formation avancée pour les différents acteurs impliqués dans des projets informatiques régissant les rapports interpersonnels. Car il faut constater une médiocre prise en compte des aspects humains et sociaux de ces projets ainsi que des carences notables dans la formation et les méthodes des différentes catégories de professionnels impliqués autant que des porte-paroles des citoyens concernés.

Programme Vivre entre les lignes: Fondement: Notions pour professionnels

L’informatisation de la société nous oblige à apprendre, individuellement et collectivement, comment vivre entre les ligns des formulaires, des dossiers et statistiques ; les lignes de codes et de programmes ; les lignes de transmission d’informations. D’où le nom « Apprendre à vivre entre les lignes » donné à ce programme d’activités.

Programme Vivre entre les lignes: Vision d'ensemble

Communautique et ses partenaires contribuent à ce programme. Je compte y consacrer l’essentiel de mon travail de la prochaine décennie. Nous aurons besoin de synergies et de complicités pour son développement, pour sa diffusion ainsi que pour son appropriation en tant qu’éléments de culture citoyenne. C’est donc une invitation à suivre le mouvement culturel et même à joindre le chantier.

Merci.

Contact

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Pierrot Péladeau
Téléphone professionnel (Amérique du Nord +1): 5 1 4 – 7 1 6 – 0 9 3 7
Poste: prière de me contacter d’abord
Twitter: http://twitter.com/PierrotPeladeau
Courriel (prière d’utiliser le formulaire ci-dessous) :

Identité

Pierrot_Peladeau - photo : Jean-François Leblanc, Agence Stock Photo

Trajectoire

Activités

Coordonnées

Contributions

Trajectoire

Je pratique l’évaluation sociale de systèmes d’information interpersonnels depuis 1982, époque où j’ai participé à la création du Groupe de recherche en informatique et droit de l’UQAM au sein duquel j’ai corédigé cinq livres, notamment le rapport L’Identité piratée (SOQUIJ, 1986) commandé par le gouvernement du Québec sur les systèmes d’informations personnelles dans le secteur privé. Les recommandations de ce rapport menèrent à l’adoption, en 1993, de la première législation des Amériques de protection des renseignements personnels touchant l’ensemble du secteur privé.

J’ai aussi été, entre autres, coordonnateur scientifique du Programme Éthique et Télésanté du Centre de bioéthique de l’Institut de recherches cliniques de Montréal de 1997 à 2005.

Mes activités de recherche, de conseil et de formation m’ont amené à travailler jusqu’ici avec au-delà de 600 organisations de domaines les divers : santé, services sociaux, services bancaires, administration publique, télécommunications, enseignement, gestion du personnel, recherche avec des sujets humains, organismes communautaires et services commerciaux.

 

Activités

Aujourd’hui, mes activités se concentrent surtout sur

  • la théorie, la pratique et l’enseignement de l’évaluation sociale des systèmes d’information interpersonnels;
  • l’usage de l’image et de la modélisation visuelle pour aider à comprendre leur fonctionnement ainsi que l’expliquer aux citoyens non-spécialistes; et
  • la démocratisation des décisions en matière de conception et déploiement de systèmes d’information interpersonnels.

Un survol de mon programme d’activités personnel est disponible ici.

Je chronique aussi régulièrement sur des questions de vies numériques au Journal de Montréal et au Journal de Québec ainsi que dans un blogue personnel ici sur ce site.

Coordonnées

Téléphone professionnel (Amérique du Nord +1): 5 1 4 – 7 1 6 – 0 9 3 7

Twitter: http://twitter.com/PierrotPeladeau

Courriel (prière d’utiliser le formulaire ci-dessous) :

Contributions

Portrait photo : Jean-François Leblanc, Agence Stock Photo

Pictogramme « Groupe de personnes » du titre du site: Caroline Cyr

Système de gestion de contenu (CMS) : WordPress et sa généreuse communauté de développeurs

Thème graphique : Elegant Themes

Hébergement : Michel Dumais

Relations

presherment-parchemin

Relations : nom féminin : Action de relater, de rapporter ;

Rapports entre des choses, des personnes, des groupes.

Cette médiagraphie personnelle relate au sujet des rapports entre informations et personnes. Ses éléments sont présentés selon qu’ils relèvent de l’écrit, de la parole (fichiers audio) ou de l’image (iconographie, schémas, vidéos, diaporamas). Une dernière section énumère les adaptations spécifiquement destinées aux non-spécialistes. Un même élément peut se retrouver dans plus d’une section. (suite…)

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