ExpérimentationsInformation & DroitNotes de laboNotesRéflexions

Abandonner le concept (et l’illustration) de « collecte d’information » pour celui de « production »

Dans sa version originelle de 1990, la théorie des processus d’information interpersonnels désigne la collecte comme l’une des phases logiques de l’information. Ce terme de collecte est emprunté au droit de protection des renseignements personnels qui, lui-même, l’a emprunté au lexique des bureaucraties publiques et privées. Or, le mot collecte (action de recueillir un objet préexistant) masque la présence d’une production de nouveaux artéfacts informationnels. Le résultat est de voiler plusieurs implications, notamment celles liées à la propriété intellectuelle de ces nouvelles informations et à leur dimension pragmatique.

La question est alors : la collecte doit-elle être réellement considérée comme une phase logique de l’information? Ou est-le terme choisi qui est inadéquat? (suite…)

Notes de laboNotesNotes de lectureRéflexions

Des groupes formels et informels de Michel Cartier à groupes personnels et impersonnels pour PIP

En lisant Les groupes d’intérêts et les collectivités locales* de Michel Cartier, je tombe sur le schéma intitulé « Une société fonctionnant par paliers » qui distingue entre :

  • individu et couple (cercle représentant une tête humaine);
  • groupes informels (cercle rempli de sept têtes humaines);
  • groupes formels (cercle rempli de trois groupes de quatre à six têtes humaines interreliés entre eux); et
  • société (cercle représentant un globe terrestre).

Michel Cartier 2002

Groupe formel : « Regroupement de personnes qui revendiquent une meilleure qualité de vie et qui fonctionne à partir de l’inscription et de la participation de ses membres. »

Groupe informel : « Petit groupe familier fonctionnant en face à face »

Michel Cartier, 2002, p. 100

J’ai été particulièrement frappé par la distinction faite entre groupe formel et groupe informel. Ce qui m’a amené m’interrogé à savoir s’il y avait une différence conceptuelle à faire dans le modèle Portrait des Processus d’Information InterPersonnel (PIP) entre groupe ou population formels et informels. (suite…)

CommunicationsNotes de laboNotes

Maintenant en ligne: ensemble d’icônes SVG PIP-L

J’ai mis en ligne un fichier Zip contenant un ensemble d’icônes PIP-L de base en format SVG. Portrait des Processus d’Information InterPersonnels – Langage (PIP-L) est un ensemble de pictogrammes libres de droits spécifiquement conçus pour la production de schéma PIP. Je propose de combiner l’utilisation de PIP-L afin d’illustrer la dimension sociale des processus en complémentarité avec le langage pictographique PICOL pour en illustrer plutôt la dimension proprement informatique.

Télécharger PIP-L francais: icônes de base en format SVG (fichier Zip) PIP-L francais: icônes de base en format SVG (fichier Zip)

Pictogrammes de bases de PIP-L

Pictogrammes de bases de PIP-L développés chez Communautique par la designeure industrielle Caroline Cyr

L’emplacement permanent des fichiers d’icônes est sur la page PIP & PIP-L

Portrait des Processus d’Information InterPersonnels (PIP) pour analyse et communication sociales, légales et éthiques

Vers Legal IT Francais PDFPortrait des Processus d’Information InterPersonnels (PIP) pour analyse et communication sociales, légales et éthiques: Communication à la conférence Legal IT 4.0 — Droit + Technologies de l’information, Association du Jeune Barreau de Montréal, Montréal, 26 et 27 avril 2010.

Résumé

Présentation de certaines expériences et de la démarche qui ont conduit à l’élaboration d’une méthode de modélisation des processus d’information qui a été éprouvée avec succès à deux fins complémentaires, à savoir : analyser, évaluer et gérer les questions légales, sociales et éthiques que soulèvent des systèmes d’information ou de transaction interpersonnels; et faciliter la communication entre les acteurs d’un tel système ou d’une telle transaction, y compris ses usagers avec faible littératie ou faible connaissance de l’informatique. La méthode Portrait des Processus d’Information InterPersonnels (PIP) permet de systématiser l’identification des normes légales et paralégales (tels des standards techniques, des règles logicielles, etc.) qui s’appliquent ou non aux rôles légaux ou de facto joués par ces personnes; aux informations produites et maniées; aux maniements effectués sur ces informations; aux relations interpersonnelles légales ou de facto s’établissant entre les personnes à travers ces maniements; et aux décisions ou actes posés à travers ces maniements ou résultants de ceux-ci. Par l’établissement de ces éléments, PIP offre aux juristes une base solide à leurs analyses et communications légales ainsi qu’à une éventuelle réflexion plus large sur les questions sociales et éthiques soulevées. L’emploi de représentations visuelles constitue également un moyen pour d’expliquer correctement des systèmes d’information ou de transaction interpersonnels et leurs implications légales auprès des citoyens qui se les autoadministrent alors qu’au Canada, 48 % des adultes peuvent difficilement lire un simple texte suivi ou demeurent peu familiers avec l’informatique.

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Portrait des Processus d’Information InterPersonnels (PIP) pour analyse et communication sociales, légales et éthiques

Communication à la conférence Legal IT 4.0 — Droit + Technologies de l’information

Montréal, 26 et 27 avril 2010Association du Jeune Barreau de Montréal

Pierrot Péladeau

Chercheur invité à Communautique

Membre du Laboratoire Éthique et vieillissement du Centre recherche de l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal

Chercheur associé au CEFRIO

Spécialiste en évaluation sociale de systèmes d’information interpersonnels

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1. Introduction

Quoiqu’inscrite dans la section « Vitrine technologique » du programme de la conférence, cette présentation ne porte pas sur une application logicielle. Encore moins sur un produit commercial. Elle traite plutôt de l’élaboration d’une méthode dont le mode d’emploi et certains outils seront disponibles en accès libre et gratuit.

Cette présentation vise donc deux objectifs.

Le premier objectif est d’exposer brièvement les expériences et la démarche qui ont conduit à l’élaboration d’une méthode de modélisation des processus d’information qui a été éprouvée avec succès à deux fins complémentaires, à savoir :

a)      analyser, évaluer et gérer les questions légales, sociales et éthiques que soulèvent des systèmes d’information ou de transaction interpersonnels; et

b)      faciliter la communication entre les acteurs d’un tel système ou d’une telle transaction :

  • d’abord entre ceux impliqués dans sa conception et son opération; et
  • avec ses usagers, y compris ceux avec faible littératie ou faible connaissance de l’informatique.

Le second objectif de cette présentation est d’inviter les intéressés, non seulement à s’approprier cette méthode, mais également à participer à une communauté de praticiens intéressés par l’analyse, l’évaluation et la communication sur les systèmes d’information ou de transaction interpersonnels.

2. Grandes lignes de la méthode PIP

Commençons d’abord par une remarque d’éclaircissement. Manifestement, Portrait des Processus d’Information InterPersonnels (ou méthode PIP) est une méthode qui se montre utile pour la mise en œuvre de normes de protection des renseignements personnels. Elle est également pratique pour la réalisation d’une « évaluation des facteurs relatifs à la vie privée » (privacy impact assessment).

Cependant, les visées de PIP sont nettement plus étendues, à savoir, ultimement :

  • favoriser une maitrise sociale de nos informations et de nos outils numériques; et
  • faciliter la démocratisation des sociétés de l’information

à travers une compréhension plus exacte et aisément partageable de comment nos relations interpersonnelles sont supportées par le maniement d’informations.

En termes pratiques, PIP est une méthode d’analyse et de communication sociales qui peut, entre autres, servir à l’analyse et à la communication légales (tout comme elle peut servir les mêmes fins dans d’autres domaines comme l’éthique ou la gestion de l’information). Lorsqu’employée par les juristes, cette méthode permet de prendre en compte, non pas seulement les normes spécifiques de protection des renseignements personnels, mais bien l’ensemble des normes impliquées dans les interactions entre personnes supportées par un maniement d’informations.

Concrètement, PIP facilite l’identification de :

  • tout maniement d’informations supportant une interaction interpersonnelle

(peu importe si ces informations :

  • sont à caractère personnel ou non, et si oui,
  • portent sur des personnes physiques identifiables [« renseignements nominatifs »] ou non);
  • toutes les interactions entre toutes les personnes impliquées dans ce maniement d’informations

(peu importe si ces personnes :

  • sont physiques ou morales, et
  • quelques soient leurs statuts et rôles eu égard à ce maniement); et enfin;
  • toutes les normes impliquées dans une interaction supportée par le maniement d’informations

(peu importe la fin poursuivie par cette norme ou la source de celle-ci).[1]

Figure 1 : Les normes applicables aux processus d'information interpersonnels dépassent largement celles généralement associées à la protection des informations personnelles

Figure 1 : Les normes applicables aux processus d'information interpersonnels dépassent largement celles généralement associées à la protection des informations personnelles

Ce caractère global de la méthode explique pourquoi nous l’avons dénommée Portrait des Processus d’Information InterPersonnels en recourant à des termes génériques comme « processus » et « interpersonnels » pour décrire ses objets. Par une telle dénomination, nous visons, entre autres objectifs, à éviter la confusion avec les concepts spécifiques à la protection des renseignements personnels qui s’appliquent surtout à des « dossiers » ou « fichiers » (plutôt qu’à la totalité des processus comme le fait PIP) ainsi d’informations ou renseignements à caractère essentiellement « personnels » et « nominatifs » (plutôt qu’à toutes formes d’informations impliquées dans une relation interpersonnelle).

3. Intérêt pour les juristes

PIP se présente donc aux juristes comme un instrument d’analyse sociale préalable à l’analyse légale elle-même. Quant à son utilisation légale comme telle, cette méthode permet de prendre en compte l’ensemble des normes impliquées dans les interactions entre personnes supportées par un maniement d’informations. Pour arriver à ce résultat, PIP aide notamment à structurer une identification systématique de :

  • quelles personnes (physiques et morales) interagissent avec quelles autres personnes (physiques et morales);
  • quels maniements de quelles informations portant sur quoi ou sur qui produisent quels résultats à l’égard de qui;
  • quels rôles, légaux ou de facto, ces personnes jouent entre elles; et
  • quelles relations interpersonnelles effectives s’établissent entre ces personnes à travers le maniement d’informations.
Figure 2 : Normes applicables aux rôles effectivement joués par les acteurs

Figure 2 : Normes applicables aux rôles effectivement joués par les acteurs

Une fois ce contexte établi, PIP permet alors de systématiser l’identification des normes légales et paralégales (tels des standards techniques, des règles logicielles, etc.) qui s’appliquent ou non aux :

  • rôles légaux ou de facto joués par ces personnes;
  • informations produites et maniées;
  • maniements effectués sur ces informations;
  • relations interpersonnelles légales ou de facto s’établissant entre les personnes à travers ces maniements; et
  • décisions ou actes posés à travers ces maniements ou résultants de ceux-ci.

Par l’établissement de ces éléments, PIP offre aux juristes une base solide à leurs analyses et communications légales ainsi qu’à une éventuelle réflexion plus large sur les questions sociales et éthiques soulevées.

4. Pourquoi un modèle visuel

Dans les années 1990, plusieurs discours répandus ont proclamé que nous vivions dans une époque de dématérialisation des activités et productions humaines. D’un strict point de vue informatique, cette affirmation est carrément erronée. En réalité, nous assistons, au contraire, à une matérialisation sans précédent des rapports interpersonnels. En effet, les technologies numériques occasionnent une médiatisation sans cesse plus grande de ces rapports à travers des objets physiques, à savoir :

  • des informations et des programmes (dont les supports matériels, loin d’avoir disparu, ont simplement passé à des échelles microscopiques); et
  • des machines (toujours aussi tangibles et de plus en plus omniprésentes).

En principe, une telle matérialisation devrait grandement faciliter l’identification de ces rapports interpersonnels, leur reconstitution et leur examen. En principe, il suffirait de suivre pas à pas les manifestations physiques des flux d’informations et du déroulement des processus en cause.

En pratique cependant, on assiste à l’exact inverse : ces rapports interpersonnels apparaissent plus difficiles à reconnaitre et comprendre. Étonnamment, beaucoup d’organisations méconnaissent encore leurs propres processus et parfois même quelles sont exactement les informations qu’elles manient. Et généralement, cette méconnaissance est encore plus grande parmi les individus qui sont les sujets mêmes de ces informations et processus.

Ce paradoxe apparent tient au fait que :

  • la majeure partie des processus se déroulant au sein des machines et entre elles échappent à la perception directe des sens humains; et
  • les connaissances relatives à ces processus sont souvent éparpillées, ésotériques (pour autant qu’elles aient été produites pour commencer).

Les conséquences d’une telle méconnaissance peuvent être sérieuses, entre autres sur le plan juridique.

4.1 Premier exemple : méconnaissance de l’existence même d’informations dans la cause Directron Média

L’exemple le plus flagrant de méconnaissance dont je fus témoin fut l’audition de la cause Directron Média inc. c. Inspecteur général des institutions financières.[2] Le différend impliquait une entreprise commerciale privée qui désirait obtenir une copie du Fichier central des entreprises (FCE) maintenu par l’Inspecteur général des institutions financières. L’audition a duré deux longs jours. Pourtant à son terme, il apparaissait que les témoins et les avocats des deux parties avaient tout ce temps décrit et discuté d’un système d’information qui n’était pas celui qui existait en réalité.

En effet, contrairement à ce qu’ils avaient présenté, le FCE ne contenait pas seulement que des copies des informations recueillies sur formulaire d’inscription règlementaire (typiquement : les individus A, B, C, D et E sont les administrateurs de l’entreprise X – ensemble que nous désignerons ici comme « fiche d’entreprise ») de nature publique selon la Loi concernant les renseignements sur les compagnies.[3] En fait, le cœur du FCE était une base de données relationnelle qui détenait aussi physiquement (ce fait est légalement important ici) d’autres informations non mentionnées sur le formulaire prévu en vertu de la Loi concernant les renseignements sur les compagnies. Cette base de données incluait, notamment, des ensembles que nous désignerons ici comme des « fiches d’individu » explicitant que l’individu C est administrateur des entreprises X, Y et Z. La même base incluait également ce que nous désignerons comme des « fiches d’adresse » explicitant que telle adresse est celle de telles entreprises et tels administrateurs.

Évidemment, le fait que des informations ne soient pas mentionnées dans une loi ou un formulaire règlementaire ne signifie pas qu’elles n’existent pas.

Dans ce cas du FCE, la réalité d’une large proportion des informations qu’il contenait n’avait apparemment pas été perçue, ni par les représentants de l’organisme public qui les détenait, ni par ceux de l’entreprise qui comptait pourtant les vendre avec profits. Or l’existence matérielle de ces informations entrainait des effets légaux importants. Par exemple, le caractère public ou confidentiel des informations des « fiches d’individus » n’était pas décidé par les normes particulières de la Loi concernant les renseignements sur les compagnies puisque ces informations n’y sont pas mentionnées. En conséquence, cette question relevait donc d’autres normes d’application générale, à savoir ici, celles de la Loi sur l’accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels.

Pourtant une simple description détaillée du contenu de la base de données aurait pu éviter ce quiproquo et de longues heures d’auditions stériles puisque ne portant pas sur le bon objet.

4.2 Second exemple : les processus alimentés par les fichiers de renseignements sur les locataires.

Par delà de l’existence ou non d’informations, il y a aussi la question de la nature des processus auxquels celles-ci participent. Ici, le cas qui m’a le plus marqué a été mon tout premier travail d’évaluation de systèmes d’information interpersonnels : une étude sur les fichiers de renseignements sur les locataires effectuée en 1982.

À l’époque, quatre associations québécoises de propriétaires de logements locatifs et quelques entreprises commerciales canadiennes offraient des services de renseignement sur les locataires ou d’agence de logement. Étudiant en droit à l’époque, j’avais décidé d’en faire le sujet d’un travail de recherche juridique appliquée. Spontanément, des juristes estimaient que ces fichiers soulevaient surtout la question de l’application des principes de respect de la vie privée et de la réputation des personnes prévus sous l’application du Code civil du Bas-Canada et dans la Charte des droits et libertés de la personne du Québec.[4] Fort de ce consensus et des faits publiquement connus, j’aurai donc pu réaliser alors une évaluation légale à partir d’une recherche en bibliothèque de droit. Cependant, j’ai plutôt décidé d’enquêter d’abord sur ces fichiers se trouvant à Montréal, Saint-Jérôme, Québec et Halifax.

J’ai alors découvert que ces services d’information étaient très différents les uns des autres sur les plans de leurs objectifs, des types d’informations produites, des types de traitements effectués ainsi que des décisions qu’ils permettaient de prendre à l’égard des locataires. En conséquence, la discussion de leur légalité touchait donc à des normes et institutions très diverses, souvent éloignées de celles relatives au respect de la vie privée et de la réputation (ou même des normes de protection des renseignements personnels qui s’appliquent aujourd’hui à de tels maniements d’informations personnelles).

Une illustration parmi plusieurs : moins de quatre mois après la publication de mon rapport de recherche, l’Assemblée nationale du Québec adoptait une première vague d’amendements législatifs qui, notamment, interdisaient de discriminer dans le logement sur la base du fait qu’une personne a exercé des recours prévus par loi.[5] En effet, l’objectif de certaines listes noires avait été d’entraver la mise en œuvre de la nouvelle Loi sur la Régie du logement en dissuadant les locataires d’y recourir.[6] Les mêmes amendements ont aussi interdit la discrimination du fait qu’une personne a un enfant ou est enceinte (comme certaines agences de logement le faisaient pour différents types de candidats locataires filtrés en fonction de critères préétablis par le propriétaire client). Jamais une discussion légale abstraite ne serait arrivée à de tels constats, ni n’aurait entrainé de tels effets.

Cette expérience a ancré chez moi l’idée de la nécessité d’une compréhension détaillée d’un maniement d’informations et de ses dimensions sociales comme préalable à toute tentative d’évaluation légale, sociale ou autre. Car si on comprend mal qui sont les acteurs interagissant comment à travers quelles informations, il devient hasardeux d’identifier correctement les normes et principes applicables, et donc les implications sociales, légales et éthiques.

4.3 Avantages d’une schématisation visuelle des processus

Les systèmes d’informations sont des dispositifs de plus en plus compliqués devant s’embrayer avec des réalités sociales multiples et complexes. Or, le fait qu’une part grandissante des processus d’informations s’avère inobservable à l’œil nu permet aux perceptions de prendre aisément le pas sur les faits. Car souvent, la compréhension des intéressés ne peut reposer que sur ce que fournissent les formulaires et modes d’emploi pratiques, les textes contractuels et règlementaires, les métaphores et les raccourcis explicatifs, les arguments promotionnels ou les discours officiels.

Dans un tel contexte, le recours à des modèles visuels facilite la compréhension. Un schéma, tel un de flux d’information ou de déroulement de processus d’affaires, constitue déjà une proposition vérifiable. Ce schéma peut être confronté à la documentation disponible, au comportement des dispositifs ou aux connaissances des informateurs clés. Les règles strictes de composition des schémas forcent à ne retenir que certains éléments essentiels seulement, mais tous ceux-là de manière systématique, rigoureuse et exhaustive.

J’ai donc très tôt utilisé diverses formes de schémas dans le cadre d’activités d’évaluation. Cependant, ma pratique sur le terrain ainsi que certains travaux théoriques m’ont progressivement amené à considérer la nécessité d’un modèle visuel spécifique pour le travail d’analyse sociale, légale et éthique de processus d’information interpersonnels. [7]

5. La genèse de PIP

5.1 Un système de prévention de l’accès illégal aux médicaments d’ordonnance

Ma première tentative d’élaboration d’un modèle visuel spécifique à l’analyse sociale, légale et éthique eut lieu en 2000-2001. Elle a été réalisée dans le cadre d’un mandat d’évaluation d’un système de prévention de l’accès illégal aux médicaments d’ordonnance. Le contexte était celui d’un projet de rehaussement technique du système ainsi que son élargissement à une nouvelle classe de médicaments. Or depuis sa création quinze ans auparavant, ce système avait été un constant objet de controverse entre les membres du conseil d’administration de l’ordre professionnel qui le gérait ainsi que les milliers de professionnels de la santé impliqués par son utilisation. L’organisme m’avait donc demandé d’évaluer le système existant et de trouver éventuellement des solutions aux conflits.

Pendant ses quinze ans d’existence, le système d’information avait fait l’objet de nombreux débats internes et de plusieurs avis juridiques. Il avait en outre été l’objet d’une enquête de la section de surveillance de la Commission d’accès à l’information ainsi qu’une décision de sa section de juridiction. Enfin, le système avait été l’objet de deux enquêtes du coroner du fait qu’il n’avait pu prévenir certains décès par suicide à l’aide de médicaments.

Or, au moment d’entreprendre la réalisation de mon mandat, il m’a fallu constater qu’il n’existait aucun document décrivant exactement le fonctionnement le système. Aucun. Depuis quinze ans, l’ordre professionnel, ses administrateurs, des milliers de professionnels de la santé de divers champs de pratique, des avocats, une commission et des coroners avaient débattu et décidé à propos de ce système d’information que sur la base d’indications fragmentaires et de perceptions.

Or, une démarche crédible d’évaluation exigeait la production d’une description du système suffisamment détaillée, précise et objective pour être considérée comme avérée par toutes les parties en cause. J’ai donc requis d’enquêter sur les différents processus d’informations supportés par ce système afin d’en produire une toute première description détaillée. Le document final comprenait 22 séries de schémas (dont quatre s’étendant sur plus de deux pages) accompagnant des textes descriptifs. Cet exercice fut pour moi l’occasion de jeter les bases un nouveau modèle visuel. Pourquoi nouveau? Parce que les différents modèles déjà utilisés en informatique, aussi pertinents soient-ils, s’avèrent souvent erronés d’un point de vue social et légal.

Par exemple, dans le cas du système de prévention de l’accès illégal aux médicaments, un modèle de données aurait identifié que les principales entités personnelles étaient des « professionnels de la santé » et des « patients ». Une telle catégorisation était conforme au modèle canadien de données de santé de l’époque.[8]

Dans un modèle de cas d’utilisation, les « patients » disparaissent puisqu’ils ne sont pas des utilisateurs directs du système. On se retrouve donc uniquement avec des professionnels de la santé informant d’autres professionnels à travers le système d’information.

Par contre, une analyse proprement sociale révèle que le système mettait bien en présence des « professionnels de la santé » et des « patients ». Cependant, à certains moments la relation interpersonnelle effective s’établissait plutôt entre des individus agissant comme informateurs ou agents de détection et de prévention d’infractions à la loi, d’une part, et des individus suspects ou présumés avoir commis des actes illégaux pour obtenir des médicaments, d’autre part.

Or, c’était précisément là où se trouvait la source principale de conflit. Là aussi où se trouvait la solution, non seulement de la controverse, mais également de l’inefficience du dispositif à prévenir les suicides à l’aide de médicaments légalement obtenus. En effet, les processus qui déclenchaient des demandes d’interventions auprès des professionnels de la santé étaient fondés, non pas sur une logique clinique, mais plutôt sur une logique légale d’application de dispositions du Code criminel relatives, notamment à l’obtention frauduleuse de médicaments d’ordonnance.

Figure 3 : Comparaison entre les réalités mise en évidence par différents modèles visuels

Figure 3 : Comparaison entre les réalités mise en évidence par différents modèles visuels

Le bénéfice immédiat de ce portrait des processus d’information interpersonnels fut bien sûr d’offrir pour la première fois aux intéressés un document donnant une vue d’ensemble du système et une description détaillée des processus qu’ils supportent. Même une employée dont la fonction exclusive depuis plus de dix ans avait été l’opération du système a affirmé en avoir appris sur son fonctionnement. Par exemple, elle a découvert, comme son organisme, que l’application des règles d’épuration des dossiers patients inactifs des professionnels participants entrainait l’élimination systématique d’avertissements pourtant officiellement toujours en vigueur.

5.2 Un entrepôt de données de recherche

J’ai effectué une expérimentation subséquente dans le cadre des travaux d’un comité sur les questions d’éthique, de confidentialité et de protection des renseignements personnels d’un projet d’entrepôt de données médicales aux fins de recherches. Je siégeais à ce comité. Des concepteurs de l’entrepôt de données participaient à ce même comité. Ils avaient amplement l’occasion de nous parler en détail des différentes composantes du dispositif.

Après plusieurs mois de travail de notre comité, j’ai testé la représentation que nous en avions collectivement en produisant un modèle PIP. Il s’agissait d’un schéma sommaire, au niveau de survol le plus élevé et simplifié des processus, sans traiter des relations interpersonnelles. Nous nous sommes alors rendu compte que pas moins du tiers des processus prévus par le projet d’entrepôt n’avait pas été explicité. Ces processus avaient donc échappé jusque-là à notre analyse et notre discussion.

Figure 4 : Portions de processus (en haut en rouge) révélé par la modélisation visuelle

Figure 4 : Portions de processus (en haut en rouge) révélé par la modélisation visuelle

De telles expériences démontrent la nécessité d’un travail minutieux de documentation des relations interpersonnelles médiatisées par l’informatique ainsi que la grande utilité de la modélisation visuelle des processus pour ce travail.

6. Description sommaire de PIP

La syntaxe générale du modèle cumule deux types de portraits (ou schémas).

Le premier type décrit le déroulement des processus d’information étudiés. En d’autres mots, ces portraits décrivent les maniements matériels d’informations : quelles informations sont produites, stockées, communiquées et traitées pour produire quels résultats.

Le second type de portraits décrit plutôt les relations interpersonnelles supportées par un processus ou une portion de ce dernier. En d’autres mots, ces portraits s’attardent plutôt à identifier qui sont les personnes impliquées dans ces maniements ainsi que quels rôles jouent-elles chacune en regard des informations et des autres personnes.

L’expérience a montré qu’afin de bien distinguer ces deux types de portraits et de réalités, il est préférable que la production des schémas recourt à des pictogrammes distincts.

Précisions ici que la méthode PIP n’est pas normative quant à quels pictogrammes doivent être employés. Tout particulièrement lorsqu’il s’agit de communications et de vulgarisation, chaque utilisateur pourrait utiliser des pictogrammes adaptés au secteur d’activités, aux références culturelles des destinataires ainsi qu’à la signature graphique propre à l’organisation émettrice.

Ceci dit, pour des fins de recherche et développement de PIP, nous recourons aujourd’hui à deux banques distinctes de pictogrammes génériques libres d’accès.

Figure 5 : Pictogrammes de bases de PIP-L

Figure 5 : Pictogrammes de bases de PIP-L

Pour les descriptions de relations entre les acteurs, nous employons PIP-L (Portrait des Processus d’Information InterPersonnels – Langage; acronyme qu’on peut prononcer comme le mot « people »). Ce système pictographique ad hoc a été développé en collaboration avec Communautique et la designeure industrielle Caroline Cyr.[9]

Figure 6 : Échantillon de pictogrammes PICOL

Figure 6 : Échantillon de pictogrammes PICOL

Ensuite, pour les descriptions des processus eux-mêmes, nous employons PICOL (PIctorial COmmunication Language). Ce système pictographique développé à l’Université des Sciences appliquées de Mayence, en Allemagne, pour la description de systèmes de communications électroniques.[10]

7. Utilisation de PIP pour la communication et la vulgarisation

7.1 Besoins croissants de communications sur les processus

Par delà des besoins en matière d’analyse, et d’analyse juridique en particulier, s’accroissent les besoins pour la réussite de communications relatives aux processus qui s’avèrent aisément compréhensibles par les intéressés. En effet, les processus découlant de l’application d’une loi ou d’un contrat sont de plus en plus informatisés. Ces processus sont même de plus en plus autoadministrés par diverses parties impliquées; donc de moins en moins pris en charge par des commis ou des professionnels chargés de la tenue de dossiers ou de comptes. Ainsi, au lieu de former quelques dizaines ou centaines d’employés sur des processus souvent compliqués, nous nous retrouvons avec des milliers, voire des millions d’utilisateurs qui apprennent généralement à s’en servir sur le tas. La qualité de la communication auprès de ces utilisateurs est donc cruciale à la bonne performance des processus.

Les juristes qui conseillent ces organisations ou ces utilisateurs ont eux-mêmes besoin de bien comprendre ces processus pour en faire l’évaluation légale et les expliquer. Or comme nous l’avons déjà vu, la documentation disponible en offre souvent une pauvre explication et plusieurs conflits surgissent du seul fait de perceptions divergentes.

En outre, comment expliquer correctement ces processus et leurs implications légales auprès des citoyens qui se l’autoadministrent alors qu’au Canada, 48 % des adultes peuvent difficilement lire un simple texte suivi, et donc encore moins un écrit technique ou légal. Cela sans compter que plusieurs demeurent encore peu familiers avec l’informatique ou, malgré une certaine familiarité, ont de la difficulté à décoder le fonctionnement d’un dispositif électronique?

L’emploi de représentations visuelles constitue un moyen, parmi d’autres, afin de faciliter cette communication.

7.2 Exemple de l’explication du vote dans le système électoral

En 2009, nous avons expérimenté avec Communautique et des organismes en alphabétisation l’utilisation de schémas PIP auprès de groupes de personnes à faible littératie ou à faible familiarité avec l’informatique.[11] Nous avons réussi grâce à ces schémas, non seulement à expliquer certains processus, mais aussi un certain nombre de concepts de base pour comprendre notre société de l’information. L’exemple présenté ici est celui de l’explication du vote dans le système électoral canadien et québécois à partir de ses fondements informationnels. Parmi les participants, il y eut quelques immigrants étrangers en apprentissage du français. Nous nous sommes alors rendu compte de combien ce mode d’explication pouvait être compréhensible pour des personnes totalement non familières avec notre système électoral.

Notons que les schémas qui suivent ne sont qu’une suite de portraits de relations interpersonnelles. Nous n’avions pas besoin de recourir à des portraits de processus comme tels pour décrire le système électoral.

Figure 7 : Relations interpersonnelles de la candidature

Figure 7 : Relations interpersonnelles de la candidature

Nous avons amorcé l’explication en prenant l’objet informationnel destiné à être manié directement par les citoyens : le bulletin de vote. Tout d’abord, nous avons fait porter l’attention sur le fait que chaque ligne du bulletin parle d’un individu, dument identifié, qui se porte candidat à la fonction de député et que cet individu est membre ou non d’un parti, lui aussi dument identifié le cas échéant.

Figure 8 : Relations interpersonnelles entre candidatures

Figure 8 : Relations interpersonnelles entre candidatures

Ensuite que le bulletin de vote présente une liste de candidats, dument identifiés, membre ou non de partis, dument identifiés, qui sont donc en compétition les uns avec les autres pour le vote de chaque personne apte à voter.

Figure 10 : Relations interpersonnelles dans le vote

Figure 10 : Relations interpersonnelles dans le vote

Au moment du vote, la personne qui vote indique son choix parmi les candidats inscrits au bulletin. Ce vote est anonyme et l’électeur demeure généralement non identifiable (information personnelle anonyme et généralement non nominative)[12].

Figure 9 : Relations interpersonnelles dans l'élection

Figure 9 : Relations interpersonnelles dans l'élection

Si les votes individuels sont anonymes et non identifiables, la compilation de ceux-ci permet de déterminer combien de votes de l’électorat d’un comté dument identifié ont été accordés à chaque candidature. La personne candidate ayant reçu le plus de votes remporte l’élection et devient alors député de la population de ce comté.

Figure 11 : Relations interpersonnelles dans l'Assemblée législative

Figure 11 : Relations interpersonnelles dans l'Assemblée législative

L’ensemble des députés élus compose l’Assemblée législative responsable de l’adoption des lois. Ces lois ainsi que d’autres décisions devant être prises par vote, une relation de compétition demeure entre les députés et partis. Enfin, selon la tradition parlementaire britannique, le parti ou le groupe de parlementaires disposant du plus grand nombre de députés à l’Assemblée législative est généralement le premier à se faire offrir de former un gouvernement chargé de la direction politique des affaires de l’État ainsi que de son administration publique.

7.3 Exemple de l’explication de la place du consentement dans des dossiers patients

Le second exemple est un exercice sur l’importante question du consentement ou non à un maniement d’informations personnelles. Les tableaux qui suivent furent créés pour un séminaire de spécialistes de la protection des renseignements personnels. Il s’agissait d’une seconde version de tableaux développés initialement pour une formation donnée à des intervenants en santé et services sociaux.

Ces deux tableaux comparent le consentement (ou l’absence de celui-ci) dans deux contextes :

  • la communication ordinaire d’informations médicales entre deux professionnels de la santé; et
  • la communication électronique, telle que proposée par le système Dossier Santé Québec.

Notons cette fois que les schémas illustrent à la fois les relations interpersonnelles (avec PIP-L) et les processus (avec PICOL). Ils ne visent pas à décrire l’ensemble des systèmes impliqués, mais se concentrent essentiellement à rendre visuellement explicite :

  • la présence du consentement;
  • l’absence de consentement;
  • le caractère obligatoire (législatif) d’un ensemble d’opérations; et
  • la possibilité pour le patient de refuser certaines opérations parmi ces dernières (option de retrait, dit opting out en anglais).

Dès le premier coup d’œil, il n’y a besoin d’aucun mot pour percevoir immédiatement que nous sommes en présence de deux modes très différents d’organisation des communications ainsi que du consentement.

Figure 12 : Portrait du consentement ordinaire à la communication d'informations médicales

Figure 12 : Portrait du consentement ordinaire à la communication d'informations médicales

Figure 13 : Portrait du consentement à la communication dans Dossier Santé Québec

Figure 13 : Portrait du consentement à la communication dans Dossier Santé Québec

Dans l’explication du Dossier santé Québec, le point le plus critique était la compréhension de l’option de retrait. En effet, l’expérience avait montré que toute tentative d’explication verbale ou écrite de cette option était laborieuse. Malgré les détails fournis et les reformulations, l’explication provoque souvent la confusion chez les destinataires.

Figure 13 : Portrait du consentement à la communication dans Dossier Santé Québec

Par contre, l’image clarifie l’explication en délimitant précisément quel est l’objet de l’option de retrait et ses effets. Dans ce schéma, nous avons réussi à bien :

  • délimiter l’ensemble des opérations obligatoires à l’intérieur d’un encadré marqué par la flèche cerclée de vert reprenant le familier pictogramme routier « direction obligatoire » accompagnée de la mention « Loi » qui précise que cette obligation est légale;
  • identifier chacune des opérations obligatoires en les marquant du même pictogramme « direction obligatoire », plus le pictogramme d’engrenages (signifiant automatisme), plus le pictogramme « non-consentement »;
  • signaler la présence d’une option de retrait par un losange de décision entre « oui » (et pictogramme PICOL « exécution/poursuivre opérations » vert) et « non » (et pictogramme dérivé de PICOL « annuler » rouge) qui comprend le mot « option »;
  • délimiter le sous-ensemble des opérations susceptibles de faire l’objet d’une option de retrait par un encadré (et donc, à contrario, celles qui ne sont pas affectées par l’exercice de l’option de retrait).

8. PIP : un chantier prometteur

Manifestement, le recours à la méthode Portrait des Processus d’Information InterPersonnels facilite la production d’analyses rigoureuses ainsi que l’établissement de communications intelligibles et non ambigües, notamment sur les dimensions légales. Cependant, le développement de la méthode et de son utilisation est encore en cours.

Dans un premier temps il faut organiser le transfert et l’appropriation de la méthode. Nous remercions les organisateurs de cette conférence pour leur invitation qui nous offre une première occasion de rencontre avec les juristes.

Dans les semaines qui viennent, on retrouvera sur la page PIP-PIP-L[13], non seulement cette présentation, mais ensuite l’accès aux pictogrammes, puis à divers modes d’emploi et cas types d’utilisations.

Nous allons aussi offrir des formations et de l’accompagnement dans l’utilisation de la méthode PIP, tout particulièrement dans l’optique d’appropriation qui est au cœur de la mission de Communautique, notamment par la formation à des formateurs ou des agents multiplicateurs.

Nous comptons d’ailleurs constituer peu à peu et animer une communauté de pratiques ainsi que de recherche et développement, notamment sur l’emploi de la méthode PIP à des fins de communication entre les acteurs des projets informatique et avec leurs usagers et personnes concernées. Nous projetons d’ailleurs développer des projets démonstration critique de concept en situation réelle de l’utilisation de PIP à des fins de communication.

Nous lançons donc une invitation chaleureuse à tous les intéressés, non seulement parmi les juristes, mais également toutes les autres catégories de professionnels et intervenants impliqués dans la conception, le développement et l’opération de systèmes d’informations ou de transactions interpersonnelles.

Finalement, à plus long terme, nous songeons aussi à développer des ponts méthodologiques et logiciels avec les pratiques et outils déjà utilisés pour la conception de systèmes informatiques afin de faciliter l’intégration et l’utilisation de PIP dès les premiers stades de développement de systèmes visant à supporter une forme ou autre de relations interpersonnelles.


[1] J’aborde plus avant la question de l’ensemble des normes impliquées dans les processus d’information interpersonnels dans « Par delà la vie privée : ce que tout juriste devrait savoir sur les applications des technologies de l’information et des communications concernant les personnes physiques », in Actes de la XIVe Conférence des Juristes de l’État. Cowansville, Québec : Les Éditions Yvon Blais, 2000, 133-148. Version en ligne : http://pierrot-peladeau.net/fr/relations/ecr/ecr2

[2] [1990] C.A.I. 171 (89 0 36). Version en ligne : http://www.cai.gouv.qc.ca/07_decisions_de_la_cai/01_pdf/jurisprudence/890236ju.pdf

[3] L.R.Q., c. R-22

[4] Code civil du Bas-Canada (C.c.B.C) et Charte des droits et libertés de la personne du Québec, L.R.Q., c. C-12, a. 4 et 5.

[5] Cette disposition est devenue l’article 1899 du présent Code civil du Québec, L.R.Q. c. C-1991.

[6] L.R.Q. c. R-8.1.

[7] J’aborde plus en détail les avantages et inconvénients des modèles visuels existants dans « La modélisation visuelle des systèmes d’information en santé pour leur gestion administrative, légale, sociale et éthique », in L’informatique de la santé dans les soins intégrés : connaissances, applications, évaluation. Actes des 9e Journées Francophones d’Informatique Médicale. Sherbrooke, Société Québécoise d’informatique Biomédicale et de la Santé (SoQibs), 2003, 297-308. Version en ligne : http://pierrot-peladeau.net/fr/relations/ecr/ecr1.

[8] Working Group 1 (Health Information Model) of the Partnership for Health Informatics/Telematics. Conceptual Health Data Model v2.3. Ottawa, Canadian Institute for Health Information, mars 2001.

[9] PIP-L : http://pierrot-peladeau.net/fr/pip-pip-l

[10] PICOL : http://picol.org/about.php

[11] Projet « Découvrir la société de l’information à travers nos informations personnelles » financé par le Conseil canadien de l’Apprentissage : http://www.communautique.qc.ca/projets/projets-actifs/ateliers-appropriation.html

[12] Il existe des cas de figures comme celui où, par exemple, tous les électeurs d’une même boite de scrutin ayant voté identiquement, les bulletins toujours anonymes révèlent quand même au grand jour le vote de chacune des personnes inscrites comme ayant ont voté, donc identifiables.

[13] Page sur PIP et PIP-L : http://pierrot-peladeau.net/fr/pip-pip-l

CommunicationsNotes de laboNotes

Présentation de la méthode PIP à la conférence Legal IT, 26-27 avril 2010

Je viens de recevoir invitation à faire la présentation suivante à la conférence Legal IT 4.0 (droit + technologie de l’information) qui se tient à Montréal les 26 et 27 avril 2010.

MISE À JOUR no 1 : L’accès à la présentation sera ouverte à tous et gratuite. Elle se tiendra dans la série Vitrine techno, le lundi 26 avril.

MISE À JOUR no 2 : Ce sera la deuxième présentation de l’atelier prévu entre 15h15 et 16h30 (heure changée).

MISE À JOUR no 3 : Texte et illustrations désormais en ligne :  Résumé |   Texte complet:  HTMLPDF

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CommunicationsExpérimentationsNotes de laboNotes

Première utilisation de Prezi pour animer des portraits de processus d’information interpersonnels (PIP)

J’avais déjà expérimenté Prezi, soit pour illustrer une notion, soit pour soutenir une présentation en public. Cependant, voici mon premier essai d’utilisation de Prezi pour animer deux schémas explicatifs complets de processus d’informations interpersonnels (PIP). Ici, c’est pour expliquer et comparer deux modes différents de consentement à la communication d’informations médicales : le mode ordinaire et celui actuellement prévu pour le relevé d’informations médicales du projet Dossier Santé Québec. Cette animation a été produite en vue d’une rencontre au Bureau de la Commissaire à l’information et à la vie privée d’Ontario, le 11 mars 2010 (d’où le fait qu’elle est en anglais).

Cliquer les flèches pour avancer ou reculer ou déplacer le curseur dans l’image même : cette présentation-ci n’a pas été programmée pour la lecture automatique.

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ExpérimentationsNotes de laboNotesRéflexions

Question: Comment illustrer la notion d’option de retrait?

Une réalité fréquente dans le maniement d’informations personnelles est l’option de retrait : le fait qu’un ensemble d’opérations seront réalisées à moins que la personne concernée n’exprime sa volonté de ne pas le permettre. L’exemple le plus courant est le commerçant qui vous recontactera pour des offres d’autres produits ou services à moins que vous lui signaler votre désir qu’il ne le fasse pas. Comment illustrer ces opérations obligatoires ou « par défaut » et le fait que la personne peut les refuser?

Consentement à la communication dans DSQ – v. 10 mars (suite…)

ExpérimentationsNotes de laboNotesRéflexions

Comment illustrer le consentement ou l’absence de celui-ci?

Le consentement ou non à un maniement d’informations personnelles est une question importante. Comment l’illustrer? Voici deux tableaux comparant la place du consentement (ou l’absence de celui-ci) dans deux contextes : la communication ordinaire d’informations médicales entre deux professionnels de la santé (figure 1) et la communication électronique, telle que proposée par le système Dossier Santé Québec (figure 2).

Consentement ordinaire à la communication d'informations médicales

Communication d'informations médicales par DSQ

Il fallait rendre la présence du consentement, l’absence de consentement, le caractère obligatoire (législatif) d’un ensemble d’opérations et la possibilité pour le patient de refuser (opting out) certaines opérations parmi ces dernières.

Tableaux développés suite à une formation donnée au RIOCM et en préparation d’une rencontre au Commissariat à l’information et à la protection de la vie privée de l’Ontario. Une version ultérieure est affichée dans l’article suivant.

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PIP & PIP-L

Relations

presherment-parchemin

Relations : nom féminin : Action de relater, de rapporter ;

Rapports entre des choses, des personnes, des groupes.

Cette médiagraphie personnelle relate au sujet des rapports entre informations et personnes. Ses éléments sont présentés selon qu’ils relèvent de l’écrit, de la parole (fichiers audio) ou de l’image (iconographie, schémas, vidéos, diaporamas). Une dernière section énumère les adaptations spécifiquement destinées aux non-spécialistes. Un même élément peut se retrouver dans plus d’une section. (suite…)

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