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Leçons personnelles apprises de l’écrasement d’avion du 29 novembre 1963

Très forts et marquants souvenirs d’enfance.

Cet écrasement mortel eu lieu vendredi, à quelques kilomètres seulement de l’usine où mon Papa travaillait. Un de ses collègues devait être dans cet avion, mais avait soudain changé d’idée dans la file d’embarquement.

Cratère au lieu d'écrasement d'avion

Le lendemain matin, Radio-Canada avait annulé la diffusion d’un épisode d’Am-stram-gram qui devait porter sur l’aviation.

Le vendredi suivant, mon père arriva à la maison au volant du prototype d’un tout nouveau modèle de camion à incendie pour aéroport dont il avait supervisé la conception et la construction. J’avais neuf ans, une rutilante machine rouge de pompier toute neuve chez moi une semaine seulement après un évènement dramatique où il aurait pu servir.

Ce camion fut détruit sur les pistes d’essai afin d’apprendre quelles étaient les capacités et limites ultimes de cette machine. Le tout dernier test avait été de lancer le camion à travers un boisé semblable à celui où le DC-8 s’était écrasé. Lorsque le camion rendit l’âme, son châssis était tout tordu et la rutilante peinture rouge avait été entièrement arrachée de ses flancs.

C’est à travers plusieurs expériences semblables que j’appris très jeune que :

  • premièrement, l’enjeu ultime de toute technologie est la vie humaine elle-même ; et
  • deuxièmement, la quête de connaissance repose presque toujours sur une forme ou autre de destruction.
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La vérité des informations personnelles comme indice de moralité sociale?

ObservationsLe niveau d’exactitude des informations personnelles peut-il être un indice de la justesse morale du système social dans lequel ces informations sont utilisées?

Cette question m’est venue alors que j’effectuais de travaux de rénovation à la maison en écoutant l’émission Tapestry (CBC One). Cette semaine, Mary Hynes recevait Sam Harris en marge de la publication de son livre The Moral Landscape: How Science Can Determine Human Values (l’horizon moral : comment la science peut déterminer les valeurs humaines). Une entrevue étonnamment courte compte tenu de la prédilection de l’émission à consacrer toute l’heure à un seul personnage ou sujet. En écoutant Harris, on comprend. Il propose certes une thèse convaincante à propos de la capacité de la science à éclairer une question morale, voire même à trancher entre ce qui est bien et mal. Cependant, la hargne de ses attaques contre les religions agace vite, affaiblissant d’autant sa démonstration.

Reste que, par exemple, la neuroscience peut constater objectivement grâce au scanneur et à analyse hormonale que, règle générale, une action altruiste fait du bien aux êtres humains qui la posent comme à ceux qui la reçoivent. Elle constate tout aussi exactement l’effet inverse d’une action égoïste, et que c’est encore pire pour une action malfaisante. Beaucoup de développements en biologie, en éthologie et ethnologie ainsi qu’en psychologie et sociologie offrent effectivement un éclairage de plus en plus révélateur sur diverses questions morales. Comme le souligne Harris, la science offre ici l’avantage de transcender les cultures, les religions et les systèmes moraux particuliers du fait du caractère démontrable et universel de ses conclusions.

Quel rapport avec la qualité des informations personnelles? La réponse courte est que, d’une part, la science est dépendante de la qualité de ses données et que cette qualité dépend souvent de la volonté ou capacité des humains à dire la vérité. Or d’autre part, le niveau de véracité des informations fournies est mesurable… scientifiquement.

La réponse anecdotique tient à deux observations récentes sur la nécessité de… mentir. (suite…)

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