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OpenIDEO: modèle ouvert, participatif, mondial pour l’élaboration de concepts d’innovations sociales

En marge du #GouvCamp

Ce mercredi 22 février, je participerai au premier GouvCamp à Québec. Mon intérêt est double.

Tout d’abord, je crois qu’il serait grand temps qu’on mette enfin en place des conditions assurant, minimalement, que les investissements en systèmes et applications numériques des services de l’État aux citoyens soient les plus pertinents, adéquats, économiques, souples et durables que possibles.

Ensuite que je crois aussi que lorsque designs et codes font loi s’imposant aux citoyens, les décisions relatives à ces dispositifs publics doivent être prises selon une logique démocratique impliquant les populations et citoyens concernés plutôt que des logiques technocratique, marchande ou partisane.

En pratique, ces deux questions sont liées. Et pour toutes deux, la solution passe par des démarches participatives de conception de systèmes et d’applications dont je vais traiter d’un modèle ici. Leur solution passe aussi par un accès à une expertise publique indépendante, qu’elle soit gouvernementale (par exemple, l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS) qui évalue les technologies et modes d’intervention), universitaire ou citoyenne (comme le projet d’observatoire citoyen Monde numérique et démocratie): un sujet dont il me faudra discuter bientôt.

Le modèle OpenIDEO

Récemment, la collègue Catherine Roy signalait la tenue d’une consultation sur Comment pourrions-nous concevoir une expérience électorale accessible à tous? parrainée par la Information Technology and Innovation Foundation. Cette consultation se tient actuellement sur la plateforme OpenIDEO, un projet à but non lucratif de la firme-conseil internationale en design IDEO. La mission d’OpenIDEO est de trouver des solutions à des défis sociaux majeurs grâce à une plateforme de collaboration entre des contributeurs de partout à travers la planète. (suite…)

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Projet de loi « accès légal » : les journalistes découvrant être dans la mire

Débats - DebatesUn soudain bras de fer entre le gouvernement Charest et les journalistes cause une onde de choc dont les échos se sont répercutés à travers la profession journalistique canadienne. Un choc qui pourrait faire réaliser à quel point le projet de loi « accès légal » déposé ce lundi 13 février concerne aussi les journalistes et les entreprises de presse.

Une menace

La semaine dernière, le gouvernement Charest a annoncé que le Directeur des poursuites criminelles et pénales et la Sureté du Québec allaient mener sur les fuites vers les médias touchant l’affaire Ian Davidson, un policier de Montréal à la retraite soupçonné d’avoir tenté de vendre au crime organisé des listes d’informateurs de la police. Ni le ministre de la Sécurité publique Robert Dutil, ni le premier ministre Jean Charest n’ont accepté de garantir que les journalistes ne seraient pas objet d’enquête ou d’écoute électronique. (suite…)

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Actifs et identités numériques en cas de décès ou d’inaptitude – Première récapitulation

Le texte qui suit à la fois fait la synthèse provisoire (la discussion ne faisant que commencer) et complète les notes précédemment publiées sur ce sujet à partir de celle-ci. Ce texte est dérivé de mes notes en préparation de l’entrevue que j’ai donnée à La Sphère de la Première Chaine de Radio-Canada, le 4 février 2012.

L’anecdote personnelle

Devenu grand-père en mai, j’ai jugé que c’était un bon moment pour réviser mes testament et mandat en cas d’inaptitude. Sauf que, j’ai découvert que je devais demander à mes mandataires ou exécuteurs testamentaires de gérer plein de comptes en ligne et documents numériques. La grande majorité mes documents se retrouvent sous formes numériques : correspondances; dossiers, factures, contrats; documents fiscaux, bancaires et comptables; livres, photos. Ces fichiers sont enfouis dans des ordinateurs, disques durs, serveurs, clés USB, DVD, microcartes, lecteur multimédia protégés par des noms d’usager, mots de passe, clés de chiffrement.

 Pierrot Péladeau en entrevue - in interview

 Comme pour beaucoup d’entre vous, plusieurs pans de ma vie se réalisent sur: (suite…)

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Qu’est-ce que « simple à lire » signifie ? En marge des changements de politiques de Google

Observations

Google m’a envoyé sept courriels (un pour chacun des services auxquels je suis inscrit), m’annonçant la fusion des soixante (60) règles de confidentialité une seule règle plus courte et plus « simple à lire ».

Cette déclaration et les réactions qu’elle a suscitées cette semaine m’amènent à faire trois observations :

Premièrement, la difficulté initiale des médias, acteurs sociaux et de l’industrie ainsi que des élus du Congrès à déterminer si cette annonce correspond ou non à des changements dans les usages que Google fait de nos informations et profils d’usagers, et si oui lesquels.

Deuxièmement, la difficulté à se retrouver dans les configurations « simples à lire ». Par exemple, il est écrit que je peux choisir d’obtenir ou non une personnalisation de mes résultats de recherche Google en fonction des intérêts que révèle mes usages de Google+, Gmail et YouTube. Or, j’ai eu beau chercher, je n’ai jamais trouvé le panneau de gestion ces commandes-là (quelqu’un a trouvé?). Et même pour les commandes accessibles, la description de leurs effets n’est souvent pas évidente, même pour moi dont c’est la profession d’étudier ces questions.

En effet, troisièmement, si l’Electronic Frontier Foundation a vu juste, voici comment je devrais gérer cette personnalisation :

« Pour les personnes qui souhaitent continuer à utiliser les produits Google, mais veulent créer une séparation étanche entre la recherche Google, YouTube, et d’autres produits, il y a une option qui consiste à établir plusieurs comptes Google. Les usagers peuvent mettre en place deux ou plusieurs comptes pourvu qu’ils aient différentes adresses Gmail. Toutefois, les personnes qui utilisent cette stratégie pour protéger leur vie privée doivent veiller à ne pas les mélanger (envisagez d’utiliser des navigateurs distincts pour chacun de vos comptes Google). Pour être encore plus prudents, les usagers pourraient vouloir utiliser l’outil Data Liberation afin de récupérer une copie de l’ensemble de leurs données sur produit Google particulier, supprimer ces données dans le compte d’origine, et ensuite télécharger ces mêmes données sur le nouveau compte. Par exemple, une personne peut mettre en place un compte secondaire Google pour la navigation et le partage de vidéos sur YouTube. Elle pourrait ensuite télécharger l’ensemble de ses vidéos YouTube existantes à son ordinateur, les supprimer de son profil Google initial, et ensuite utiliser un autre navigateur pour les télécharger vers un nouveau compte Google secondaire. Malheureusement, c’est un processus assez laborieux. Pour aider les usagers qui souhaitent tenir des comptes séparés, Google devrait rendre ce processus plus simple et plus facile. » (Ma traduction ; source)

Bref, peut-être « simple à lire », mais pas à comprendre, et encore moins aider l’amélioration du contrôle par l’usager.

Cependant, je ne blâmerais pas seulement Google en particulier. Toute cette industrie a peu développé les moyens d’offrir des portraits fiables, vérifiables et aisément compréhensible de qu’il advient des informations personnelles d’un usager. La rédaction des politiques et la conception des configurations demeurent faites d’abord en fonction des intérêts de l’organisation et dominées par les juristes et les ingénieurs. Au Canada, près de la moitié de la population adulte est à faible littératie et au moins autant ne comprend pas grand-chose à l’informatique. Voici les catégories d’usagers qui devraient être les destinataires de la communication. Et cela signifie beaucoup plus que simplement offrir des formulations « simples à lire »…

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La Chambre des notaires rectifie le tir sur la gestion des identités et actifs numériques

Observations

Plus tôt cette semaine, je signalais que Monsieur Antonin Fortin, Directeur des communications et adjoint au Président de la Chambre des notaires du Québec, avait écrit au sujet de la gestion des actifs et identités numériques en cas décès ou d’incapacité :

 

On parle ici d’un phénomène complexe, relativement nouveau et en pleine évolution. De plus, la CNQ ne peut se substituer au législateur et « créer » le droit en cette matière. À notre connaissance, il n’existe aucun guide qui répondrait à vos attentes.

 

Ayant été invité à une entrevue sur ce sujet à l’émission La Sphère sur la Première Chaine de Radio-Canada, le samedi 4 février prochain, j’ai désiré obtenir confirmation que cette réponse constituait bien la position officielle de la Chambre.

 

Au téléphone, Monsieur Fortin m’a dit avoir relu mes courriels et s’être rendu compte qu’il n’en avait pas correctement compris le sujet initialement. Il m’a dit que la position officielle de la Chambre des notaires serait plutôt qu’elle a confié à Me Bertrand Salvas, un notaire qui se consacre surtout à la formation et est intéressé par ce sujet, le mandat d’étudier la question et de formuler rapidement des recommandations. Celles-ci pourraient éventuellement prendre la forme de conseils, guides ou contenus de formation.

 

Concrètement, Antonin Fortin m’a dit qu’il avait transmis à Me Salvas mes courriels et mes propositions qu’il jugeait intéressantes.

 

Voilà qui rassure. La mission d’un ordre professionnel n’est-elle pas justement la protection du public?

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La Chambre des notaires abdique la gestion des identités et actifs numériques

Observations

La semaine dernière je signalais que ma notaire s’était déclarée démunie relativement à la gestion de mes éléments d’identités et actifs numériques en cas de décès (testament) ou d’inaptitude (mandat).

J’ai aussi raconté avoir appelé au service d’information juridique de la Chambre des notaires du Québec. La notaire rejointe avait trouvé mes questions très pertinentes et portant sur des enjeux pressants. Cependant, elle m’avait affirmé que la Chambre ne disposait d’aucun guide, liste de contrôle, disposition type pour testament ou mandat d’inaptitude, ni de formation spécifique sur ces sujets destinée à ses membres.

Après avoir publié cet article, j’ai écrit à Me Jean Lambert, le président de la Chambre des notaires (CNQ). J’ai brièvement décrit ma situation et mes démarches avant de poser les questions suivantes :

Existe-t-il des guides, listes de contrôle, dispositions types ou conseils pratiques sur ces sujets?
Sinon, qu’attendez-vous pour nous permettre de vivre et mourir sereinement au XXIe siècle ?

Réponse de la Chambre des notaires

En l’absence de Me Lambert, ce fut Monsieur Antonin Fortin, Directeur des communications et adjoint au Président, qui me répondit. (suite…)

Remarques de terrainInformation & DroitNotes de laboVivre entre les lignesNotesObservationsRéflexions

Autogérer son identité numérique, ses actifs numériques et ses biens intellectuels en cas de décès ou d’inaptitude

ObservationsDésormais grand-père, il me fallait réviser mon testament et mon mandat en cas d’inaptitude. Sauf que, cette fois-ci, j’ai découvert que je devais demander à mes éventuels mandataires ou exécuteurs de succession de composer avec l’omniprésence des supports numériques. Voilà qui leur complique leur tâche.

Il y a quelques années seulement, on pouvait aisément retrouver les documents d’une personne inapte ou décédée. Il suffisait de faire systématiquement le tour des différents espaces où elle vivait et travaillait. La nature des documents sautait généralement aux yeux : contrats, factures, correspondances privées, livres, disques, documents professionnels, etc. En l’absence d’instructions précises, on pouvait appliquer certaines coutumes: telles la remise des correspondances privées conservées à leurs auteurs; la distribution des contenus des bibliothèques, discothèques, albums photo ou collections aux proches intéressés; la conservation des documents d’intérêts fiscaux une sizaine d’années avant de les détruire.

Numérisation des actifs

Comme de plus en plus de gens autour de moi, je détiens de moins en moins de documents sur papier ou autre support macroscopique. Déjà, l’essentiel de mes documents se retrouve sous formes numériques : correspondances privées, dossiers, factures, contrats, documents fiscaux, bancaires et comptables; livres, musiques, photos ; documents professionnels; etc. (suite…)

Remarques de terrainNotes de laboNotes

Comme pour le pétrole, un baril pour représenter l’entreposage de données?

À la même réunion de vendredi dernier évoquée précédemment, j’ai remarqué qu’à la page où il était question de l’état des travaux, l’illustration retenue empilait des tambours (ou larges cylindres) évoquant ceux qu’on utilise dans les schémas de flux d’informations pour désigner les banques de données. Or, cette pile de tambours rappelait quelque peu la forme d’un baril de métal. Voilà une figure qui évoque bien l’idée d’entreposage!

En effet, j’ai toujours été insatisfait par l’image du tambour utilisé pour désigner, soit la phase de stockage de l’information ou le support de ce stockage, le disque dur (voir Image 1). (suite…)

Remarques de terrainNotes de laboNotesRéflexionsQuoi de neuf

Illustrations pour vendre l’idée d’un dispositif versus pour en expliquer le fonctionnement

Ce matin, j’ai participé à une réunion dans le cadre de l’élaboration de matériel explicatif destiné au grand public relativement à un système d’informations interpersonnel élaboré faisant un maniement intensif d’informations personnelles nominatives sur les individus.

Les concepteurs étaient arrivés à la conclusion qu’avant même de tenter d’expliquer le fonctionnement du système, il fallait tout d’abord en justifier l’existence et la pertinence. Manifestement, de ce qui m’a été présenté, un tel objectif n’appelle pas le même emploi de l’image que celui de l’explication de son fonctionnement. radio wireless tower

L’explication du fonctionnement d’un système exige une utilisation des illustrations relatives aux informations et à leurs maniements qui se collent rigoureusement à la réalité des processus (comme PIP permet de le faire). Par contre, l’explication de la finalité d’un système peut procéder par l’évocation d’un besoin à combler ou par des mises en situation concrètes. En d’autres mots, les modes d’illustration peuvent relever plus des allégories et des métaphores couramment employées par la publicité grand public et la communication d’entreprise. (suite…)

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