Droit de l’information (Information & Droit) UQAM – JUR5512)

J’ai accepté de créer et donner à l’UQAM durant la session d’hiver 2011 un cours officiellement intitulé Droit de l’information. J’en ai élargi  la portée du cours soit élargie pour en faire une sorte de cours ‘Information & Droit’, presque ‘Société de l’information & Droit’. Donc plutôt que de couvrir, une à une, certaines institutions juridiques particulières (propriété intellectuelle, accès à l’information, liberté et libelle de presse, protection des renseignements personnels et autres), je propose plutôt d’explorer :

  • l’ensemble des réalités juridiques sous l’angle de l’information et d’une société de l’information; et inversement,
  • les réalités de l’information et de la société de l’information telles que régulées par les lois, les normes et les standards de toutes sortes.

Les objectifs que les étudiants doivent atteindre sont :

  1. détecter la présence d’informations dans toute activité humaine considérée;
  2. reconstituer les maniements d’informations en cause, qui en sont les acteurs impliqués et quels types de relations (juridiques notamment) s’établissent entre eux à travers quels maniements particuliers d’informations;
  3. identifier les institutions juridiques en cause et les différentes sources de normes potentiellement applicables à un maniement particulier d’informations;
  4. soulever les questions sociales, légales et éthiques de ce maniement;
  5. détecter la dimension informationnelle de tout document légal (loi, contrat, décision judiciaire, communication légale, norme ou standard);
  6. communiquer au sujet de la dimension légale d’un ensemble de maniements d’informations, y compris à des citoyens et utilisateurs non spécialistes concernés.

Documents de base :

Plan de cours

Annexe 1 : Tâche Profil et objectifs personnels

Annexe 2 : Travaux préalables no 1 et 2 Détection de présence d’information et reconstitution de ses maniements

Annexe 3 :  Travail de session

Séance no 1 :

Critique du recensementBrèves

RT @ipsins: The best moment in Canadian democracy in 2010?: the census debate

RT @ipsins: The best moment in Canadian democracy in 2010?: the census debate | eaves.ca: http://bit.ly/dEwn37

Critique du recensementBrèves

Vandalized Canadian census: si…

Vandalized Canadian census: sign of a country no longer willing to maintain itself http://t.co/ylxD6FS via @marlawd

Critique du recensementBrèves

Canadian census controversy wi…

Canadian census controversy will be front and centre in election year 2011: http://ow.ly/3vo4V

CommunicationsInformation & DroitNotes de laboVivre entre les lignesNotes

Je crée et donne un tout nouveau cours ‘Information & Droit’ en janvier

tablette cuneiformeL’UQAM était-elle à ce point désespérée pour qu’elle en vienne à m’offrir ce cours? Car si je suis certes un juriste de formation, je demeure tout de même un juriste non pratiquant et non croyant. Trève de plaisanterie.  J’ai accepté de créer et donner un cours officiellement intitulé Droit de l’information, jamais offert auparavant. Ce cours s’inscrit dans le programme de Baccalauréat en droit, mais est offert aux étudiants de tous programmes. D’ailleurs, actuellement 12 % des inscrits sont des étudiants en Communications.

J’ai proposé – et on a accepté – que la portée du cours soit élargie pour en faire une sorte de cours ‘Information & Droit’, presque ‘Société de l’information & Droit’. Donc plutôt que de couvrir, une à une, certaines institutions juridiques particulières (propriété intellectuelle, accès à l’information, liberté et libelle de presse, protection des renseignements personnels et autres), je propose plutôt d’explorer :

  • l’ensemble des réalités juridiques sous l’angle de l’information et d’une société de l’information; et inversement,
  • les réalités de l’information et de la société de l’information telles que régulées par les lois, les normes et les standards de toutes sortes.

J’ai encore à produire un plan de cours détaillé. Cependant, au moment où sont écrites ces lignes, le premier objectif serait d’amener les étudiants à acquérir certaines connaissances et habiletés nécessaires pour oeuvrer dans une société de l’information, notamment :

  • détecter la présence d’informations dans toute activité humaine considérée;
  • reconstituer les maniements d’informations, qui en sont les acteurs impliqués, quels types de relations (juridiques notamment) s’établissent entre qui à travers tel maniement d’informations;
  • identifier les institutions juridiques en cause et les différentes sources de normes potentiellement applicables à un maniement particulier d’informations;
  • soulever les questions sociales et éthiques de ce maniement;
  • détecter la dimension informationnelle dans tout document légal (loi, contrat, décision judiciaire, communication légale, norme ou standard);
  • communiquer au sujet de la dimension légale d’un maniement d’informations, y compris aux citoyens et utilisateurs non spécialistes.

Les étudiants juristes seront plus particulièrement invités à développer l’habileté à qualifier légalement une activité humaine impliquant un maniement d’informations.

Au lieu de passer successivement d’un domaine de droit à un autre, le déroulement du cours suivra plutôt, semaine après semaine, les étapes successives du cycle de vie de l’information de sa création initiale jusqu’à diverses utilisations, dont la prise de décision personnelle.

Ce cours fera également une large place aux :

  • connaissances de base en science et gestion de l’information, linguistique et domaines connexes; et
  • à des méthodes pour documenter correctement des pratiques informationnelles.

Le cours se donnera les lundis soir à partir du 10 janvier 2011. Il y a encore de la place pour de nouveaux inscrits. Je lance donc formellement l’invitation. Bienvenue à toutes et tous !

BrèvesQuoi de neuf

Pour une appropriation citoyenne globale de l’information et de ses technologies: le texte

Pour une appropriation citoyenne globale de l’information et de ses technologies: le texte http://ow.ly/3pGvc

BrèvesQuoi de neuf

For a Comprehensive Citizen Appropriation of Information and its Technologies: the text

For a Comprehensive Citizen Appropriation of Information and its Technologies: the text http://ow.ly/3pGqS

CommunicationsDébatsNotes de laboVivre entre les lignesNotesObservationsRéflexions

Pour une appropriation citoyenne globale de l’information et de ses technologies

Adaptation écrite d’une présentation faite lors d’un diner-causerie tenu à l’occasion du 10e anniversaire de Communautique le 26 janvier 2010, à Montréal.

Vidéo de la conférence

tablette cuneiformeOn m’a demandé de traiter de l’importance que les technologies de l’information et des communications ont prise au cours de la dernière décennie et celle qu’elles prendront dans un avenir prévisible. Cela du point de vue des citoyens. Je vais me prêter à cet exercice à partir de la notion d’appropriation.

L’Histoire montre que l’alphabétisation peut être une condition nécessaire à la démocratie. Cependant, le fait qu’une population soit fortement alphabétisée n’entraine pas pour autant que cette dernière vivra dans une société libre et démocratique. Beaucoup de populations bien instruites ont vécu, à un moment ou l’autre, sous un régime autoritaire ou dictatorial, voire totalitaire.

Similairement, on peut avancer que le fait qu’une population sache manier des dispositifs techniques n’entraine pas pour autant que celle-ci maitrise comment les technologies organisent les rapports entre les citoyens. L’accès aux outils et le développement des habiletés à les manier seraient des conditions nécessaires, mais pas suffisantes à cette maitrise.

Illustrons cette affirmation par quelques exemples de dispositifs actuellement en déploiement.

Les scanneurs corporels

Au début de ce mois de janvier, le ministre fédéral des Transports, John Baird, a annoncé l’acquisition et l’installation dans les aéroports canadiens de 44 scanneurs corporels à un quart de million pièce. Faisons abstraction un moment des débats légitimes sur l’efficacité, réelle ou symbolique, de ces dispositifs ou sur leur nocivité potentielle pour la santé. Dans moins de deux mois, nous, citoyens canadiens, aurons la liberté de choisir entre : ou bien, de nous faire palper avec les mains; ou bien, de nous faire palper avec les yeux.

Mais est-ce le seul choix offert par les technologies informatiques et d’imagerie numérique?

Un collègue m’a transmis le dossier de presse des articles publiés à la suite à cette annonce. On constate qu’à peu près personne n’a soulevé le fait que cet achat avait été commandé sans appel d’offre, ni qu’on aurait pu acquérir des logiciels qui, pour éviter la mise à nu : soit,  ne signalent que les emplacements douteux; soit, reporte l’image exacte de la surface du corps de la personne sur un mannequin standard (par la technique du morphage — morphing en anglais). Le résultat d’une telle acquisition nous aurait offert un choix très différent entre : ou bien, nous faire palper avec les mains; ou bien, simplement faire détecter électroniquement la présence d’objets sur nous.

Different types de scanneurs corporels

Apparemment, aucun député n’a parlé de ces options de rechange. Pas un journaliste. Pas une organisation de citoyens, de consommateurs ou de défense des droits. Même pas l’avis de la Commissaire à la vie privée du Canada.

Peut-être que le ministre Baird lui-même ignore ces options de rechange!

Pourtant en bons citoyens numériques, plusieurs d’entre nous savent comment utiliser un appareil photo numérique et des logiciels de traitement d’images; comment trouver le communiqué du ministre sur le Web; comment regarder son point de presse sur notre ordinateur ou téléphone; et comment discuter la nouvelle dans les blogues ou sur Twitter. Nous, on connait ça la techno!

Cartes bancaires à puce

Deuxième exemple : depuis 2008, les institutions financières canadiennes déploient leurs cartes bancaires à puce. Aucun ministre ou député fédéral, aucune association de consommateurs ou autre organisation de la société civile, aucun média n’a provoqué de débat public sur le modèle de système de paiement que pourrait supporter l’ajout d’un microprocesseur sur les cartes clients, de débit et de crédit.

Pourtant, depuis l’invention de la carte à microprocesseur, des centaines de manières différentes de l’utiliser furent conçues. L’éventail des applications disponibles dans le secteur bancaire va de systèmes très bavards sur le moindre geste posé par l’utilisateur à d’autres, ultra discrets, produisant aussi peu d’informations personnelles que l’utilisation du papier monnaie.

Différent designs de carte bancaire à puce

Or, il ne peut y avoir qu’une seule configuration, ce qui légifère donc de facto les rapports entre consommateurs, marchands et institutions financières.

Nous avions des choix! Par exemple, entre de ne permettre aux banques de produire que très peu d’informations ou, à l’inverse, leur permettre d’en produire beaucoup, mais en les forçant à partager cette source précieuse de connaissances sur l’évolution de notre économie en temps réel.

Par exemple, le gouvernement de Madame Dominique Vien (ministre des Services gouvernementaux du Québec, autre oratrice de ce diner-causerie) doit prendre des décisions délicates à savoir si l’État doit garder le pied sur l’accélérateur de l’économie, lever le pied ou plutôt mettre les freins. Cependant, plusieurs des chiffres dont dispose le gouvernement ne peuvent souvent décrire que des situations vieilles de quatre mois! Voilà qui complique passablement la prise de décision. D’autant plus qu’à cause des mêmes retards dans la production d’informations, on ne pourra également connaitre quels auront été les effets des décisions retenues aujourd’hui avant des mois.

Pourtant, la production continue par les banques d’informations détaillées et en temps réel sur les paiements électroniques (dont vous et moi payons directement la production à travers nos frais bancaires), combinée à la puissance des ordinateurs d’aujourd’hui, pourrait réduire ce décalage dans la production de certains chiffres clés à quelque chose d’aussi court qu’en semaines, voire jours !

Cependant, ce débat public sur ce choix démocratique concernant la quantité d’informations générées ou non par les systèmes de paiement électronique et leur utilisation possible au profit, non seulement des banques, mais aussi de l’ensemble de la société n’a jamais eu lieu.

Mais en bons citoyens numériques, nous savons comment utiliser un guichet automatique ainsi que comment faire un don pour Haïti par transaction sur le Web ou avec un texto. Nous, on connait ça la techno!

Quelle appropriation?

Cela nous ramène au thème de l’appropriation. Généralement, on définit « l’appropriation » comme le processus par lequel un individu ou un groupe intègre une innovation dans ses pratiques et l’adapte, et même le détourne en fonction ses besoins.

Depuis 10 ans, Communautique, ses partenaires et de nombreux autres organismes oeuvrent à l’essentielle appropriation des outils informatiques par les citoyens. Ils travaillent et militent pour assurer un accès universel à Internet et à l’ordinateur. Ils forment à l’utilisation de logiciels, du Web, de réseaux sociaux et d’outils collaboratifs.

L'appropriation sociale des outils n'est pas suffisante

Cependant, il faut admettre que former à l’utilisation d’outils n’est pas suffisant alors que les dispositifs numériques s’immiscent de plus en plus dans le moindre objet. Jusqu’à dans nos pilules…

Pilules à micropuce

Les compagnies pharmaceutiques testent actuellement l’usage de comprimés à micropuce. Dans une de ces expériences, le dispositif envoie aux patients un texto de rappel sur son téléphone cellulaire s’ils ne suivent pas correctement l’ordonnance du médecin.

Un tel dispositif pourrait être configuré pour mettre en relation patients, médecins et pharmaciens de cent manières différentes. Par exemple, afin de vérifier si nous prenons bien nos médicaments. Pour nous faire livrer automatiquement de nouvelles doses de médicaments lorsque nos flacons se vident. Voire appeler l’ambulance, si nous avons gobé tout le flacon d’un seul trait.

La question est évidemment à savoir : qui va décider d’une configuration plutôt que d’une autre? Donc, à déterminer comment s’organiseront les relations entre patients, médecins et pharmaciens. Et pourquoi pas des relations incluant aussi les compagnies pharmaceutiques, les compagnies d’assurances et le monde de la recherche biomédicale.

N’avons-nous pas notre mot à dire? D’autant plus si ces dispositifs s’imposent progressivement à tous?

L’appropriation citoyenne

La démocratie exige ici que l’appropriation citoyenne aille par delà le simple maniement d’outils conçus par d’autres. Elle requiert que les citoyens et les composantes de la société civile puissent contribuer au développement des outils qui imposent une organisation des rapports interpersonnels. La démocratie requiert la possibilité de participer aux choix affectant cette organisation des rapports.

Cela implique, non seulement une connaissance des outils et de leur maniement, mais également (comme pour les exemples des scanneurs, cartes bancaires et pilules), une connaissance des différentes informations qui peuvent être produites ou non ainsi que des diverses manières dont elles peuvent être utilisées ou non.

Appropriation globale de l'information et de ses technologies

Donc, une véritable appropriation citoyenne doit s’appliquer autant aux informations et aux rapports interpersonnels qu’aux outils informatiques.

Poussons plus loin. Non seulement, une telle appropriation citoyenne serait-elle nécessaire à garantir un caractère démocratique à une société de l’information, mais elle serait aussi nécessaire au succès même de l’informatisation de ses activités!

Déjà, les commerces en ligne ne peuvent faire le plein de profits et les services gouvernementaux en ligne ne peuvent avoir de sens que si le plus grand nombre possible de citoyens a accès à internet et sait comment s’en servir avec confiance.

Assurer l’adéquation des applications

Or, le succès de nombreux produits et services informatisés dépendra aussi de plus en plus de la capacité des citoyens de discuter d’informations, d’outils et de rapports interpersonnels. Lors d’une recherche que j’ai effectuée sur les services gouvernementaux en ligne, j’ai beaucoup discuté avec des concepteurs de ce qui pouvait faire qu’un système s’avère dysfonctionnel, enfonçant alors un citoyen dans un purgatoire bureaucratique kafkaïen plutôt que l’aider. Mon objectif étant évidemment de comprendre, à contrario, comment s’assurer qu’un service informatisé fonctionne bien. La conclusion est résumée dans ce schéma qui énumère tous les facteurs dont il faut tenir compte.

Pragmatique de l'information dans une interaction informatisée

Je ne peux ici discuter avec vous l’ensemble de ces facteurs en détail. Contentons-nous pour l’instant d’affirmer qu’en pratique, il faut non seulement que l’organisation comprenne très bien toutes les dimensions de ses propres processus (ce qui est déjà un exigeant travail), mais il faut aussi qu’elle comprenne très bien pourquoi et comment différents citoyens — usagers ou consommateurs — utilisent différemment son service. Comment certaines catégories de personnes s’approprient-elles différemment le service pour quels buts différents. Inversement, il faut aussi que ces citoyens comprennent bien à quoi servent le service et les informations qu’ils échangent avec l’organisation afin qu’ils obtiennent les résultats qu’ils recherchent et fournissent les bonnes informations utiles à cette fin.

Premier exemple tout petit. Dans une application aussi simple qu’un service de changement d’adresse. Je demande au concepteur : « Quelle adresse la Régie d’Assurance-maladie détient-elle sur le citoyen assuré? » Le concepteur répond : « C’est clair, c’est l’adresse de domicile ». C’est en effet ce que prévoit la loi, mais je relance : « En êtes-vous sûr? » Le concepteur se met alors à rire : « En fait, on n’en a aucune idée ». Et à partir de là, nous avons exploré ensemble les cas de figure où le citoyen a fourni une adresse autre que de celle de leur domicile : comme les étudiants qui donnent l’adresse de leurs parents comme adresse postale fixe sachant qu’ils pourraient changer souvent de lieu de résidence.

Peu importe les lois, les formulaires et les modèles de données, cela demeure les citoyens qui décident si dans la case « adresse », ils donneront une adresse de domicile, une adresse postale, une adresse de service ou autre.

Or, parmi la panoplie des moyens efficaces permettant de connaitre et comprendre les usages, attentes, besoins et contraintes des citoyens, on retrouve la consultation publique. Qui mieux que les citoyens eux-mêmes ou les organisations qui travaillent quotidiennement avec eux peuvent signaler leurs différents usages et compréhensions d’un service donné?

Mon deuxième exemple fait dans le très gros et complexe : c’est l’immense chantier de l’informatisation des dossiers médicaux qui, dans un avenir prévisible, va couter bien au-delà d’un milliard de dollars au Québec, au-delà de cinq milliards au Canada. On a déjà perdu des dizaines de millions de nos impôts dans des solutions inadéquates. Et dans l’état de situation présente, on va encore en perdre des dizaines de millions d’autres en cours de route. Et une des causes de ces inadéquations est précisément une culture numérique insuffisante dans notre société.

Des hauts fonctionnaires m’ont confié qu’on arrive difficilement à arrimer la vision stratégique avec les besoins concrets sur le terrain. Or entretemps, on développe et on implante des solutions techniques. On procède finalement par une couteuse démarche d’essais et erreurs. Souvent, on m’a posé la question : « C’est clair qu’il faudrait consulter directement les patients et la population, mais comment fait-on ça? Déjà entre nous, professionnels qui y travaillent quotidiennement, il nous est difficile de partager une compréhension commune des systèmes. »

Le défi démocratique

Développer notre capacité de discuter de dispositifs techniques compliqués entre nous représente effectivement un considérable défi culturel. Un défi qui doit être impérativement relevé. Car sinon, on devra faire face à bien plus grave que des inefficiences en nombre, en importance et en couts croissants (pensons seulement à la dégradation spectaculaire qu’ont connue les services à la clientèle de plusieurs grandes entreprises, par exemple). En effet, c’est la démocratie elle-même qui se trouve à risque si l’on abandonne progressivement les décisions relatives à l’organisation des rapports entre citoyens à des ingénieurs, à des technocrates ou à des fournisseurs plus bas soumissionnaires. Des décisions en plus souvent prises à l’étranger à cause de l’universalisation des produits ou des normes techniques devant assurer l’interopérabilité internationale des systèmes.

Nous ne sommes encore qu’au tout début du long processus d’informatisation des sociétés qui va progressivement s’insinuer dans les moindres recoins de nos vies, y compris jusque sous nos vêtements, dans nos portefeuilles et nos de pilules. Une large part des maniements d’informations en cause supportera des rapports interpersonnels en les façonnant dans le détail d’une manière qui s’imposera aux intéressés. La maitrise démocratique de cette forme de législation efficace rend nécessaire que nous tous — simples citoyens, organismes communautaires, gouvernements et entreprises — fassions évoluer l’idée d’appropriation et sa pratique à un niveau plus global qui embrasse les dimensions sociales, y compris celles carrément politiques, des choix techniques.

Il s’agit, bien sûr, de bien plus que le défi d’une décennie, ou même celle d’une génération. C’est le défi posé par une véritable révolution qui s’étendra vraisemblablement sur tout ce siècle. Un défi considérable certes, mais excitant pour sûr!

CommunicationsNotes de laboVivre entre les lignesNotesObservations

Pour une appropriation citoyenne globale de l’information et de ses technologies : la vidéo

tablette cuneiformeJe n’avais pas remarqué la mise en ligne depuis belle lurette de cette vidéo. Elle est issue de la captation de ma conférence faite lors du diner-causerie tenu à l’occasion du 10e anniversaire de Communautique, le 26 janvier 2010, à Montréal. Cette conférence traite de l’importance, du point de vue des citoyens, des technologies de l’information et des communications au cours de la dernière décennie et dans un avenir prévisible. Exercice auquel je me suis prêté à partir de la notion d’appropriation.

L’accès à cette vidéo est maintenant intégré au présent site. Le texte de la conférence viendra ici sous peu.

BrèvesQuoi de neuf

Ajout au site: vidéo: Pour appropriation citoyenne globale de l’information et des technologies

Ajout au site: vidéo: Pour appropriation citoyenne globale de l’information et des technologies http://ow.ly/3jBkU

Notes de laboNotesNotes de lectureRéflexions

Des groupes formels et informels de Michel Cartier à groupes personnels et impersonnels pour PIP

En lisant Les groupes d’intérêts et les collectivités locales* de Michel Cartier, je tombe sur le schéma intitulé « Une société fonctionnant par paliers » qui distingue entre :

  • individu et couple (cercle représentant une tête humaine);
  • groupes informels (cercle rempli de sept têtes humaines);
  • groupes formels (cercle rempli de trois groupes de quatre à six têtes humaines interreliés entre eux); et
  • société (cercle représentant un globe terrestre).

Michel Cartier 2002

Groupe formel : « Regroupement de personnes qui revendiquent une meilleure qualité de vie et qui fonctionne à partir de l’inscription et de la participation de ses membres. »

Groupe informel : « Petit groupe familier fonctionnant en face à face »

Michel Cartier, 2002, p. 100

J’ai été particulièrement frappé par la distinction faite entre groupe formel et groupe informel. Ce qui m’a amené m’interrogé à savoir s’il y avait une différence conceptuelle à faire dans le modèle Portrait des Processus d’Information InterPersonnel (PIP) entre groupe ou population formels et informels. (suite…)

Vivre entre les lignesNotesObservations

Éducation numérique : Quelle culture pour les enfants de la société de l’information?

tablette cuneiformeSi tout se passe bien, je devrai devenir grand-père pour la première fois dans quelque mois. Un nouvel être humain proche de moi naitra dans ce XXIe siècle numérique. Quelle éducation devrait recevoir les enfants afin de pouvoir décoder la dimension informationnelle du monde dans lequel ils vivent et grandissent? Pour illustrer, j’ai imaginé ce monologue tenu par une adolescente.

Aussi en PDF

LIGNÉES

Sarah songe à certains de ses liens aux autres

Ma vie foetale fut privilégiée. Non seulement ma mère l’a veillée de près, mais elle et moi avons bénéficié du support d’un entourage attentionné et des formidables moyens de la médecine moderne. Ainsi, bien avant ma venue au monde, le dossier médical de ma mère avait accumulé à mon sujet une centaine de lignes de textes d’observations, de résultats de tests, de conclusions diagnostiques, de décisions. Cela sans compter les milliers de lignes d’images échographiques qui furent aussi mises sur la page de réseau social de ma mère où celle-ci recevait conseils et encouragements de ses proches comme de spécialistes.

À peine sortie du ventre de ma mère, la confirmation de mes signes vitaux permit l’ouverture de mon dossier médical bien à moi. Certes, il a d’abord été identifié sous le prénom quelconque de… « Bébé ». Reste qu’avec la création de ce dossier je suis enfin devenue une « patiente » à part entière après pourtant des mois de suivi médical. (suite…)

Beyond Privacy? / Par delà la vie privée ?

Les expériences totalitaires qui ont dévasté le XXe siècle visaient l’abolition de la vie privée par la surveillance et le fichage. Au point que l’idée de production et maniement d’informations personnelles devint indissociable de celle d’invasion de la vie privée.

Or, les maniements d’information supportant les relations interpersonnelles ne se réduisent pas à cette seule dimension. Non seulement la portion privée de nos vies est en cause, mais toutes leurs composantes sociales et publiques aussi. Non seulement le droit au respect de la vie privée, mais tous les droits et libertés de la personne!

Évaluer les maniements d’informations personnelles exige donc d’en examiner tous les rôles et toutes les implications, par delà la seule vie privée.

Information & Person[ne]s

« Information », « Personnes » : deux mots, deux réalités de plus en plus entremêlées alors que nos outils informatiques et de communications supportent de plus en plus les vies des individus, des groupes et des sociétés.

Deux mots, deux réalités autour desquels s’articule une vie professionnelle consacrée à l’évaluation sociale des systèmes d’information interpersonnels.

Ce site présente des informations, ravaux et réflexions sur ces sujets. Bienvenue.

Critique du recensement

Critique of Canadian census : Introduction

Le gouvernement conservateur a décidé que lors du recensement canadien de 2011, la réponse au questionnaire long ne serait plus obligatoire, mais volontaire. Cette décision a provoqué une nette polarisation entre les farouchement pour ou contre.

Le présent carnet de notes, Critique du recensement, tente une exploration critique ouverte des nombreuses questions techniques, sociales, légales et éthiques que soulève une telle opération de production d’informations sur un pays et sa population. Au fil des semaines et de l’actualité, de nouvelles questions seront formulées. Pour chacune d’entre elles, les réponses obtenues seront publiées, puis synthétisées.

(suite…)

Critique du recensementVivre entre les lignesNotesObservations

Un professionnel des méthodes quantitatives nous répond…

Débats - DebatesVoici une réponse reçue à l’article précédent de la part d’un professionnel qui m’a écrit, mais ne souhaite cependant pas être identifié pour l’instant:

Un professionnel des méthodes quantitatives

L’idée qu’un échantillon volontaire diminue la fiabilité et la validité des données est un fait aussi accepté aujourd’hui que l’idée que la terre est ronde. […] Il y a de nombreux articles qui portent sur l’ampleur du biais, sur ses raisons, sur les façons que l’on tente, tant bien que mal, de contourner ces biais, etc. Mais on ne réussit jamais vraiment à contourner.

[Quant à la conclusion du juge Boivin] Je n’ai pas lu les arguments en faveur d’un questionnaire volontaire et comment ils pensent pouvoir éviter les biais échantillonnaux. Bien sûr qu’il y a une incertitude quant au degré de fiabilité des données de l’ENM, puisqu’on n’a jamais fait un tel exercice auparavant. Il y a une certitude quant au fait que les données seront biaisées, mais il est difficile de prévoir à l’avance l’ampleur et la nature de ce biais.

Augmenter le nombre de questionnaires longs ne changera rien au biais, et rien ne nous permet de croire qu’une campagne publicitaire permettre de corriger le biais. La campagne pourrait très bien l’accentuer (surtout si elle est faite uniquement dans les deux langues officielles). (suite…)

Contact

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Pierrot Péladeau
Téléphone professionnel (Amérique du Nord +1): 5 1 4 – 7 1 6 – 0 9 3 7
Poste: prière de me contacter d’abord
Twitter: http://twitter.com/PierrotPeladeau
Courriel (prière d’utiliser le formulaire ci-dessous) :

Remarques de terrainNotes de laboNotes

Comme pour le pétrole, un baril pour représenter l’entreposage de données?

À la même réunion de vendredi dernier évoquée précédemment, j’ai remarqué qu’à la page où il était question de l’état des travaux, l’illustration retenue empilait des tambours (ou larges cylindres) évoquant ceux qu’on utilise dans les schémas de flux d’informations pour désigner les banques de données. Or, cette pile de tambours rappelait quelque peu la forme d’un baril de métal. Voilà une figure qui évoque bien l’idée d’entreposage!

En effet, j’ai toujours été insatisfait par l’image du tambour utilisé pour désigner, soit la phase de stockage de l’information ou le support de ce stockage, le disque dur (voir Image 1). (suite…)

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