DébatsRemarques de terrainInformation & DroitNotes de laboVivre entre les lignesNotesObservations

Projet de loi « accès légal » : les journalistes découvrant être dans la mire

Débats - DebatesUn soudain bras de fer entre le gouvernement Charest et les journalistes cause une onde de choc dont les échos se sont répercutés à travers la profession journalistique canadienne. Un choc qui pourrait faire réaliser à quel point le projet de loi « accès légal » déposé ce lundi 13 février concerne aussi les journalistes et les entreprises de presse.

Une menace

La semaine dernière, le gouvernement Charest a annoncé que le Directeur des poursuites criminelles et pénales et la Sureté du Québec allaient mener sur les fuites vers les médias touchant l’affaire Ian Davidson, un policier de Montréal à la retraite soupçonné d’avoir tenté de vendre au crime organisé des listes d’informateurs de la police. Ni le ministre de la Sécurité publique Robert Dutil, ni le premier ministre Jean Charest n’ont accepté de garantir que les journalistes ne seraient pas objet d’enquête ou d’écoute électronique. (suite…)

DébatsInformation & DroitVivre entre les lignesNotesObservations

Gagner contre les projets de loi « accès légal » : Deux intuitions stratégiques

Débats - DebatesY a-t-il des actions qu’on puisse mettre en marche dès aujourd’hui dans une campagne décisive contre l’adoption des projets de lois dites « accès légal » par le Canada? J’en suis venu à répondre « oui » en écoutant un exposé d’Antoine Beaupré, administrateur système chez Koumbit. C’était lors d’une rencontre publique intitulée « “accès illégal” et lois liberticides sur internet », le 3 février 2012 à Montréal.

Rappelons que les projets de loi « accès légal » (après déjà trois tentatives d’adoption interrompues par la dissolution du Parlement) n’ont pas encore été déposés à nouveau. Cependant, on s’attend à ce que le gouvernement Harper le fasse tôt ou tard. Les dernières versions des projets de loi donnaient aux services de police de nouveaux pouvoirs pour accéder aux données détenues par les fournisseurs de services Internet. Elles permettaient la divulgation obligatoire des renseignements sur leurs clients sans supervision judiciaire ainsi que la surveillance en temps réel à travers les réseaux fournisseurs de services Internet. Autant de mesures jugées inutiles et dangereuses, non seulement par les défenseurs des libertés civiles, mais par bon nombre de corps policiers également. Une analyse légale détaillée (en anglais)en a été publiée récemment par la British Columbia Civil Liberties Association.

La rencontre était organisée par Koumbit une entreprise techno autogérée qui offre notamment des services d’hébergement web. L’entreprise a donc déjà connu sa part de perquisitions d’informations et de serveurs. Comme plusieurs autres entreprises du secteur, Koumbit craint les effets de l’initiative « accès légal » pour les libertés civiles de ses clients ainsi que, globalement, pour l’ensemble des citoyens qui utilisent internet à partir de partout dans le monde. L’exposé d’ouverture d’Antoine Beaupré traitait d’ailleurs moins des aspects légaux des projets de loi que de ses dimensions techniques et politiques. (suite…)

CommunicationsDébatsNotes de laboVivre entre les lignesNotes

Café rencontre: Autonomie, surveillance et démocratie: Qui tireront profit des traces numériques générées par nos moindres gestes?

Le jeudi 6 octobre 2011 (19h à 21h), je serai l’invité d’une conversation de la série L’université autrement: Dans les cafés animée par Sophie Ambrosi sur le thème: Autonomie, surveillance et démocratie: Qui tireront profit des traces numériques générées par nos moindres gestes?

Ordinateurs, guichets, téléphones et autres bidules électroniques. Aujourd’hui, nos relations à nos proches, autres personnes et organisations passent par des machines traitant mille informations à notre sujet. Ces textes, sons et images deviennent communications, transactions, dossiers, décisions. Ils peuvent être transformés en statistiques et connaissances sur les individus, groupes et sociétés, même sur la nature de l’animal humain (ex. : conditions de sa santé). Toutes connaissances pouvant fonder des décisions, anodines ou majeures. La société de l’information est nécessairement société de surveillance. Alors, quels types de surveillance sont condamnables dans une société libre et démocratique? Et lesquels sont souhaitables? À quelles conditions?

La conversation aura lieu au Café l’Artère, 7000, Avenue du Parc (près de Jean-Talon) à Montréal. L’invitation est ouverte à tous et l’entrée est libre.

L’activité est organisée par l’Institute for Community Development de Concordia University.

Vivre entre les lignesNotesObservations

Recherche Google cryptée sous SSL : mesure effective ou symbolique?

ObservationsGoogle a récemment annoncé qu’il offre dorénavant la possibilité d’effectuer une recherche de documents de manière confidentielle grâce au protocole de sécurisation par cryptage des échanges sur Internet Secure Sockets Layer (SSL). Concrètement, cela veut dire que, entre votre ordinateur et les serveurs de Google, personne ne pourra lire en clair, ni les requêtes, ni les résultats de recherche (un peu comme sont protégées les transactions financières effectuées sous SSL).

Pour bénéficier de ce nouveau service offert en mode « bêta », il faut se rendre sur https://www.google.com. Votre fureteur devrait alors signaler que la communication est sécurisée (par exemple, par l’affichage d’un cadenas). Les sites localisés de Google (comme google.fr ou google.ca) n’offrent pas cette sécurisation qui n’est pas disponible non plus pour les recherches d’images et de vidéos.

SSL Google Search

Pour sûr, il s’agit d’un geste symbolique important de la part du géant du web. Il a été applaudi par le Center for Democracy & Technology comme comme une incarnation éclatante du concept de confidentialité par design (Privacy by Design).

Pour sûr, le fait qu’un acteur aussi important que Google s’engage à offrir un nombre croissant de ses services sous SSL (l’accès web à Google Mail sous SSL est déjà par défaut depuis janvier 2010) pourrait être un signal important à tous les acteurs d’Internet : il est peut-être temps de songer à protéger un plus grand nombre de communications sur Internet, quitte devoir payer par des temps de traitement et de transmission légèrement plus lents (à peine perceptibles lorsqu’on dispose d’ordinateurs et de connexions de quelque puissance).

Cependant, est-ce que ce nouveau service change quoi que ce soit à l’expérience de ceux dont l’exercice de leurs libertés ou la confidentialité de leurs travaux nécessitent qu’ils puissent échapper à la surveillance de leurs employeurs, des fournisseurs de services internet ou des États? (suite…)

1 comment |
line
footer
Powered by WordPress | Designed by Elegant Themes